Le nouveau cap de la BoJ fait monter les rendements obligataires

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    LONDRES, 21 septembre (Reuters) - Les rendements des 
obligations souveraines à long terme sont en hausse, accompagnés 
d'une pentification de la courbe des taux, à la suite de la 
fixation par la Banque du Japon d'un objectif de taux à long 
terme et d'un "contrôle de la courbe des taux". 
    Le rendement des obligations à 10 ans japonaises 
 JP10YT=JBTC  a atteint son plus haut niveau en six mois, à près 
de 0,01%, en hausse de sept points de base sur la journée, avant 
de retomber en territoire négatif, un mouvement de repli qui, 
selon des traders, est un signe que les investisseurs cherchent 
à tester la volonté de BoJ d'atteindre son nouvel objectif. 
    Le rendement de l'obligation du Trésor américain à 10 ans 
 US10YT=RR  a également réagi à la hausse dans un premier temps, 
à plus de 1,7%, avant de retomber autour de 1,69%. 
    En Europe, les rendements des obligations de référence 
allemandes ont pris 4 points de base à 0,61% à 30 ans 
 DE30YT=TWEB  et 2 pdb à 0,01% à 10 ans  DE10YT=TWEB  en 
matinée, alors celui de la dette souveraine allemande à deux ans 
 DE2YT=TWEB  n'a pas bougé, à -0,66%. 
    L'écart entre les rendements à deux et dix ans a atteint son 
plus haut niveau en cinq mois, à 66 pdb. 
    Une telle pentification de la courbe des taux - 
habituellement signe de bonne santé de l'économie et du système 
financier - est due à l'abandon de l'objectif de base monétaire 
de la BoJ et de son engagement à maintenir les taux obligataires 
à 10 ans à leur niveau actuel, proche de zéro.  
    Et même si la BoJ a promis de continuer à acheter des 
obligations à un rythme de 80.000 milliards de yens par an, 
certains intervenants interprètent les annonces du jour comme un 
signe que le recours à la planche à billet dans le cadre du 
programme d'assouplissement quantitatif et qualitatif (QQE) mis 
en place depuis 2013 a atteint ses limites. 
    "La BoJ va avoir vraiment du mal à rassurer qui que ce soit 
(sur le QQE)", dit Vincent Chaigneau, responsable de la 
stratégie taux et devises à la Société générale. 
    Les retombées économiques d'une courbe de taux plus pentue 
pourraient passer par le système financier en contribuant à 
relancer l'inflation comme le souhaitent les banques centrales.  
  
    Les banques gagnent de l'argent en empruntant à court terme 
à faible taux et en prêtant à long terme à des taux plus élevés. 
De même, le creusement des écarts de taux à court et long terme 
aident les compagnies d'assurance et les fonds de pension à 
respecter leurs échéances à long terme. 
    Certains analystes estiment que la Banque centrale 
européenne (BCE) pourrait bientôt suivre l'exemple de la BoJ. 
    "De nombreux intervenants de marchés (surtout les banques) 
sont en difficulté à cause de rendements faibles et d'une courbe 
des taux plate. Fixer un objectif pourrait ainsi être une option 
pour la BCE aussi ? On ne peut l'exclure", dit le responsable de 
la stratégie macroéconomique de RBC, Peter Schaffrik. 
 
 (John Geddie, Juliette Rouillon pour le service français, édité 
par Benoît Van Overstraeten) 
 
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