Le Norvégien Jens Stoltenberg va prendre la tête de l'Otan

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JENS STOLTENBERG, NOUVEAU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L'OTAN
JENS STOLTENBERG, NOUVEAU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L'OTAN

par Adrian Croft

BRUXELLES (Reuters) - L'ancien Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg a été choisi vendredi pour succéder au Danois Anders Fogh Rasmussen au poste de secrétaire général de l'Otan, à l'heure où la rivalité avec la Russie refait surface.

Jens Stoltenberg succédera le 1er octobre au Danois Anders Fogh Rasmussen, qui occupe le poste depuis 2009.

Premier Norvégien à diriger l'Alliance, Jens Stoltenberg prendra ses fonctions au moment où l'organisation, considérée par certains comme une relique de la Guerre froide, retrouve une partie de sa raison d'être avec l'annexion de la Crimée par la Russie.

La crise ukrainienne "rappelle à quel point l'Otan est importante", a déclaré le futur secrétaire général lors d'une conférence à Oslo. "L'idée d'une défense collective est devenue plus importante, compte tenu de l'usage que la Russie fait de la force pour modifier les frontières en Europe."

"La Russie doit savoir qu'il y a un prix à payer", a-t-il ajouté, tout en rejetant l'idée d'un retour à la Guerre froide. "La situation actuelle n'est pas si mauvaise", a estimé Jens Stoltenberg.

Le nouveau secrétaire général arrive en outre à un moment historique pour l'Alliance, qui doit achever avant la fin de l'année le retrait de ses unités combattantes présentes depuis 12 ans en Afghanistan, pour se recentrer sur la protection des Etats membres.

Attendus la semaine prochaine à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères des 28 doivent se pencher sur les moyens à mettre en oeuvre pour renforcer la présence militaire de l'Otan dans les pays baltes et en Pologne, qui s'estiment menacés par une Russie à nouveau entreprenante.

"LE MIEUX PLACÉ"

Jens Stoltenberg devra convaincre les Européens de revoir leurs budgets de défense à la hausse ou, à défaut, d'enrayer les baisses consenties pour faire face à la crise financière.

Le ministre belge de Défense, Pieter de Crem, et l'ex-chef de la diplomatie italienne Franco Frattini étaient également en lice pour occuper ce poste qui revient traditionnellement à un Européen, le commandement militaire étant assuré par un Américain.

Jens Stoltenberg, qui est âgé de 55 ans, est sans doute "la personne la mieux placée pour continuer garantir l'unité et la puissance de l'Otan", a estimé la Maison blanche dans un communiqué.

"M. Stoltenberg est un leader qui a fait ses preuves et son engagement en faveur de l'alliance transatlantique n'est plus à prouver", peut-on également lire dans ce communiqué.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a lui aussi fait part de sa satisfaction concernant ce choix.

"Les récents événements en Ukraine ont souligné le fait que, même une fois que nous aurons fini notre mission en Afghanistan, il y aura de nouveaux défis auxquels il faudra faire face", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, lui a fait écho en citant, parmi les "nouvelles tâches" de l'Otan, "la gestion de crise et la cyber-sécurité".

Considéré comme un bon gestionnaire, Jens Stoltenberg a su épargner à la Norvège le gros des turbulences financières de ces dernières années en puisant dans les immenses richesses pétrolières nationales pour stimuler l'activité.

Son gouvernement, qui a soutenu les interventions militaires en Afghanistan et en Libye, a en revanche dû faire face à l'énorme retentissement du massacre d'Utoya, où le militant d'extrême droite Anders Behring Breivik a tué 77 personnes en juillet 2011.

Son mandat s'est achevé en septembre dernier après dix années passées aux affaires.

(Adrian Croft; Eric Faye et Simon Carraud pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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