Le "non" à l'accord de paix devrait priver la Colombie du Nobel

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    OSLO, 3 octobre (Reuters) - La Colombie a perdu son statut 
de favori pour l'attribution du prix Nobel de la paix après la 
victoire du "non" au référendum de dimanche sur l'accord de paix 
avec les Farc, a déclaré lundi un responsable de l'Institut de 
recherche sur la paix d'Oslo.  
    Le "non" à l'accord entre le gouvernement colombien et la 
guérilla marxiste pour mettre fin à 52 ans de conflit armé, un 
texte jugé trop favorable aux Farc par ses détracteurs, l'a 
emporté avec 50,21% des voix contre 49,78% lors du scrutin de 
dimanche, lors duquel la participation n'a été que de 37%. 
  
    Ce rejet inattendu a pour effet d'augmenter les chances de 
récompense pour d'autres lauréats potentiels du prestigieux 
prix, parmi lesquels figurent des défenseurs des droits de 
l'homme en Russie et les promoteurs de l'accord sur le nucléaire 
iranien, a-t-il ajouté. 
    "La Colombie n'est plus sur aucune liste crédible", a dit 
Kristian Berg Harpviken, le directeur de l'institut.  
    Le prix Nobel de la paix sera décerné vendredi à partir de 
9h00 GMT. 
    Jusqu'à dimanche, le président colombien, Juan Manuel 
Santos, et le chef des Farc, Rodrigo Londono, plus connu sous 
son nom de guerre Timochenko, étaient considérés comme favoris 
pour ce prix qui a déjà récompensé plusieurs promoteurs de 
processus de paix, au Vietnam en 1973, en Irlande du Nord en 
1998 ou entre Israël et les Palestiniens en 1994.  
    "Il est désormais hors de question" d'attribuer un prix à la 
Colombie, a jugé Asle Sveen, un historien spécialiste du prix, 
revenant sur son pronostic de la semaine dernière.  
    Il estime désormais que le Nobel de la paix devrait aller à 
l'accord entre l'Iran et les grandes puissances pour l'accord 
sur le programme nucléaire de Téhéran, qui a ouvert la porte à 
la levée des sanctions contre la République islamique.  
    Parmi les autres candidats possibles figurent le secrétaire 
d'Etat américain John Kerry, le ministre iranien des Affaires 
étrangères, Mohammed Javad Zarif, et Federica Mogherini, la    
chef de la diplomatie européenne. 
    Harpviken, qui classait auparavant la Colombie au deuxième 
rang de sa liste des 376 personnes ou organisations susceptibles 
d'obtenir le prix, a réaffirmé que celui-ci devrait aller à 
Svetlana Gannouchkina, une militante russe des droits de 
l'homme.  
    Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Børge Brende, 
dont le pays a joué un rôle d'intermédiaire dans les 
négociations en Colombie, a exprimé sa déception après le 
référendum de dimanche. "Nous devons essayer de sauver l'accord 
de paix", a-t-il dit à la chaîne de télévision TV2. 
     
 
 (Alister Doyle et Terje Solsvik; Marc Angrand pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 
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