Le nombre de Syriens assiégés a doublé en un an à un million-Onu

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    NATIONS UNIES, 21 novembre (Reuters) - Le nombre de civils 
syriens assiégés par l'un ou l'autre des belligérants a doublé 
depuis un an pour atteindre près d'un million, a déclaré lundi 
le chef des opérations humanitaires de l'Onu devant le Conseil 
de sécurité. 
    Sur ce total, 850.000 personnes sont assiégées et affamées 
par les forces fidèles au président Bachar al Assad, les autres 
par l'Etat islamique (EI) et d'autres groupes armés. 
    "Il n'y a rien de bien subtil ou compliqué derrière cette 
pratique du siège", a souligné Stephen O'Brien pendant son 
compte-rendu mensuel devant les 15 membres du Conseil de 
sécurité. 
    "Les civils sont isolés, affamés, bombardés et privés de 
soins médicaux et d'aide humanitaire pour les contraindre à se 
soumettre ou à fuir", a-t-il ajouté. 
    Le chef des opérations humanitaires de l'Onu a une nouvelle 
fois appelé le Conseil de sécurité à prendre ses responsabilités 
en faisant appliquer ses propres résolutions exigeant l'arrêt du 
bombardement des civils, l'accès humanitaire et la levée des 
sièges. 
    "Sans un soutien fort de chacun d'entre vous, les lignes 
rouges seront franchies encore et encore, les lois humanitaires 
internationales seront piétinées, des crimes de guerre seront 
commis. Et tant que vous n'agirez, personne n'aura de comptes à 
rendre", a insisté Stephen O'Brien. 
    Le Conseil de sécurité est divisé depuis le début du conflit 
syrien il y a cinq ans et demi, la Russie, parfois soutenue par 
la Chine, ayant opposé son veto à plusieurs reprises à des 
résolutions prévoyant des poursuites contre le régime de Bachar 
al Assad. 
    Impuissants, les pays occidentaux ont imposé leurs propres 
sanctions aux cadres du régime, sans changer le cours de la 
guerre. 
    Lundi, l'ambassadrice américaine à l'Onu, Samantha Powers, a 
désigné nommément 13 commandants de l'armée syrienne accusés par 
Washington d'avoir enlevé et torturé des civils ou de les avoir 
tués dans des bombardements aériens et des offensives 
terrestres. 
    "Les Etats-Unis ne laisseront pas ceux qui ont commandé les 
unités impliquées dans ces actes se cacher anonymement derrière 
la façade du régime Assad", a-t-elle dit. 
    L'ambassadeur russe adjoint, Vladimir Safronkov, lui a 
rétorqué que les Etats-Unis ne respectaient pas la présomption 
d'innocence et lui a reproché d'avoir nommé uniquement des 
officiers de l'armée et aucun chef des groupes rebelles qui 
tuent aussi des civils. 
     
 
 (Michelle Nichols; Tangi Salaün pour le service français) 
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