Le nombre de personnes déplacées atteint un niveau record

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NOMBRE RECORD DE PERSONNES DÉPLACÉES EN 2015
NOMBRE RECORD DE PERSONNES DÉPLACÉES EN 2015

par Megan Rowling

BARCELONE (Thomson Reuters Foundation) - Le nombre de personnes chassées de leur foyer dans leur propre pays par la guerre et la violence a atteint un niveau record en 2015, avec 40,8 millions de déplacés, estime un rapport publié mercredi.

Dans le monde entier, 8,6 millions de personnes ont fui des zones de conflit en 2015, soit en moyenne 24.000 personnes chaque jour, estime l'Internal Displacement Monitoring Centre (IDMC). Plus de la moitié sont issues du Moyen-Orient.

Ainsi au Yémen, près de 2,2 millions de personnes ont fui à l'intérieur du pays l'an dernier, soit 8% de la population, principalement en raison des frappes saoudiennes et du blocus économique imposé aux civils, estime le rapport.

Selon l'organisation, les personnes déplacées à l'intérieur de leur pays sont deux fois plus nombreuses que celles qui choisissent de quitter leur pays et de devenir des réfugiés.

"Le monde connaît une énorme crise des personnes déplacées qui grandit année après année, et trop d'endroits connaissent des situations de conflit et/ou de catastrophe naturelle", déclare Jan Egeland, secrétaire général du Norwegian Refugee Council, dont dépend l'IDMC.

"Nous devons trouver des moyens pour protéger les personnes de ces terribles forces, causées aussi bien par la nature que par l'homme", a-t-il ajouté.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estime que le nombre de personnes déplacées dans le monde entier a très certainement "largement dépassé" les 60 millions en 2015, un record. Ce chiffre comprend notamment 20 millions de réfugiés causés par la guerre en Syrie et autres conflits de longue durée.

Selon l'IDMC, le nombre de personnes déplacées a fait "boule de neige" au Moyen-Orient et en Afrique du Nord depuis les printemps arabes en 2010 et l'émergence du groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

"Ce qui a vraiment conduit à ce pic que nous constatons, ce sont les attaques sur les civils - bombardements, frappes aériennes - en Syrie mais aussi au Yémen", déclare Alexandra Bilak, directrice par intérim de l'IDMC, "les gens n'ont nulle part où aller".

PRÉVENTION DES CATASTROPHES

En 2015, 19,2 millions de personnes ont été chassées de leur foyer en raison de catastrophes naturelles, dans la plupart des cas à cause de tempêtes ou d'inondations, rapporte l'IDMC.

Au Népal, les tremblements de terre d'avril et de mai ont déplacé 2,6 millions de personnes à eux seuls.

Jan Egeland souligne que des pays comme Cuba, le Viêtnam ou le Bangladesh ont amélioré leur situation en développant la prévention contre les catastrophes naturelles, mais que beaucoup reste à faire.

Pour Alexandra Bilak, l'action politique est nécessaire pour empêcher que de nouvelles personnes deviennent des réfugiées dans leur propre pays, souvent pour de longues périodes.

"Les chiffres augmentent chaque année, ce qui montre bien que les solutions aux déplacements ne sont pas trouvées", dit Alexandra Bilak.

La Colombie, la République démocratique du Congo, l'Irak, le Soudan et le Soudan du Sud figurent sur la liste des pays où les populations déplacées sont les plus importantes chaque année depuis 2003, note en outre le rapport.

"Les gens ne reviennent pas, ils ne sont pas intégrés localement là où ils ont trouvé refuge et ils ne sont pas non plus relogés ailleurs", constate la directrice par intérim de l'organisation.

(Avec Stine Jacobsen à Oslo; Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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