Le nombre de déplacés à un nouveau record en 2015-rapport

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    par Megan Rowling 
    BARCELONE, 11 mai (Thomson Reuters Foundation) - Le nombre 
de personnes chassées de leur foyers dans leur propre pays par 
la guerre et la violence a atteint un niveau record en 2015, 
avec 40,8 millions de déplacés, estime un rapport publié 
mercredi. 
    Dans le monde entier, 8,6 millions de personnes ont fui des 
zones de conflit en 2015, soit en moyenne 24.000 personnes 
chaque jour, estime l'Internal Displacement Monitoring Centre 
(IDMC). Plus de la moitié sont issues du Moyen-Orient. 
    Ainsi au Yémen, près de 2,2 millions de personnes ont fui à 
l'intérieur du pays l'an dernier, soit 8% de la population, 
principalement en raison des frappes saoudiennes et du blocus 
économique imposé aux civils, estime le rapport. 
    Selon l'organisation, les personnes déplacées à l'intérieur 
de leur pays sont deux fois plus nombreuses que celles qui 
choisissent de quitter leur pays et de devenir des réfugiés. 
    "Le monde connaît une énorme crise des personnes déplacées 
qui grandit année après année, et trop d'endroits connaissent 
des situations de conflit et/ou de catastrophe naturelle", 
déclare Jan Egeland, secrétaire général du Norwegian Refugee 
Council, dont dépend l'IDMC. 
    "Nous devons trouver des moyens pour protéger les personnes 
de ces terribles forces, causées aussi bien par la nature que 
par l'homme", a-t-il ajouté. 
    Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés 
(HCR) estime que le nombre de personnes déplacées dans le monde 
entier a très certainement "largement dépassé" les 60 millions 
en 2015, un record. Ce chiffre comprend notamment 20 millions de 
réfugiés causés par la guerre en Syrie et autres conflits de 
longue durée. 
    Selon l'IDMC, le nombre de personnes déplacées a fait "boule 
de neige" au Moyen-Orient et en Afrique du Nord depuis les 
Printemps arabes en 2010 et l'émergence du groupe Etat islamique 
en Syrie et en Irak. 
    "Ce qui a vraiment conduit à ce pic que nous constatons, ce 
sont les attaques sur les civils -- bombardements, frappes 
aériennes -- en Syrie mais aussi au Yémen", déclare Alexandra 
Bilak, directrice par intérim de l'IDMC, "les gens n'ont nulle 
part où aller". 
     
    PRÉVENTION DES CATASTROPHES 
    En 2015, 19,2 millions de personnes ont été chassées de leur 
foyer en raison de catastrophes naturelles, dans la plupart des 
cas à cause de tempêtes ou d'inondations, rapporte l'IDMC. 
    Au Népal, les tremblements de terre d'avril et de mai ont 
déplacé 2,6 millions de personnes à eux seuls. 
    Jan Egeland souligne que des pays comme Cuba, le Viêtnam ou 
le Bangladesh ont amélioré leur situation en développant la 
prévention contre les catastrophes naturelles, mais que beaucoup 
reste à faire. 
    Pour Alexandra Bilak, l'action politique est nécessaire pour 
empêcher que de nouvelles personnes deviennent des réfugiées 
dans leur propre pays, souvent pour de longues périodes. 
    "Les chiffres augmentent chaque année, ce qui montre bien 
que les solutions aux déplacements ne sont pas trouvées", dit 
Alexandra Bilak. 
    La Colombie, la République démocratique du Congo, l'Irak, le 
Soudan et le Soudan du Sud figurent sur la liste des pays où les 
populations déplacées sont les plus importantes chaque année 
depuis 2003, note en outre le rapport. 
    "Les gens ne reviennent pas, ils ne sont pas intégrés 
localement là où ils ont trouvé refuge et ils ne sont pas non 
plus relogés ailleurs", constate la directrice par intérim de 
l'organisation. 
 
 (Avec Stine Jacobsen à Oslo; Julie Carriat pour le service 
français, édité par Danielle Rouquié) 
 
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