Le nombre d'entrées irrégulières dans l'UE en baisse-Frontex

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    * La route de la Méditerranée orientale asséchée 
    * Concentration des arrivées sur l'Italie 
    * Plus de 650 garde-côtes déployés sur place 
    * Un budget augmenté, de nouvelles missions 
    * Vers des études de vulnérabilité 
 
 (Actualisé avec détails sur la nouvelle agence) 
    par Chine Labbé 
    PARIS, 12 juillet (Reuters) - Le flux de migrants entrant de 
façon irrégulière dans l'Union européenne a diminué depuis le 
mois d'avril et se concentre désormais sur l'Italie, 
préoccupation première de Frontex, l'agence européenne de 
surveillance des frontières, a déclaré mardi son directeur.  
    Quelque 360.000 entrées irrégulières ont été enregistrées 
depuis le début de l'année, a précisé Fabrice Leggeri. Cela 
correspond à 240.000 personnes, 120.000 autres étant décomptées 
deux fois en raison de la route empruntée.  
    "Depuis le printemps, nous avons une baisse du nombre des 
entrées irrégulières grâce au gel de la route de la Méditerranée 
orientale", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Paris. 
    "La migration irrégulière est (...) quasiment asséchée en 
provenance de la Turquie vers les îles grecques. En revanche, le 
niveau des arrivées en provenance de Libye reste grosso-modo le 
même (...), il y a une concentration des arrivées sur l'Italie", 
a-t-il ajouté.  
    L'une des priorités de Frontex cet été sera donc de 
"soutenir" l'Italie, a-t-il dit, précisant qu'environ 50 
migrants arrivaient chaque jour en Grèce, contre 750 dans le sud 
de l'Italie. 
    Plus de 650 garde-côtes de l'agence sont déjà déployés en 
Italie, du jamais-vu, d'après Fabrice Leggeri.  
    Interrogé sur la crainte de nouveaux naufrages au large des 
côtes italiennes cet été, Fabrice Leggeri a fait état d'un 
phénomène nouveau en Méditerranée centrale. Depuis quelques 
mois, les trafiquants surchargent encore davantage les bateaux, 
avec jusqu'à 130 personnes à bord, et envoient 15 à 20 navires 
sur l'eau en même temps, augmentant mathématiquement le risque 
de mortalité en cas de drame, a-t-il expliqué. 
    D'après lui, le gel de la route de la Méditerranée orientale 
est en partie dû à l'accord UE-Turquie par lequel ce pays a 
accepté de réadmettre sur son territoire tous les migrants 
arrivés irrégulièrement en Grèce via Ankara. 
    Depuis avril, 470 migrants ont été réadmis en Turquie, 
indique Fabrice Leggeri. 
     
    "STRESS-TESTS" 
    Le directeur de Frontex a présenté mardi l'Agence européenne 
de garde-frontières et garde-côtes, pour laquelle le Parlement 
européen a donné son feu vert la semaine dernière. 
 ID:nL8N19S30K  
    Alors que son budget était inférieur à 100 millions d'euros 
en 2015, elle disposera de 250 millions d'euros en 2016, et d'au 
moins 330 millions d'euros en 2017, un budget qui devrait être 
pérennisé jusqu'en 2020, selon Fabrice Leggeri.  
    Ce nouveau corps de 1.500 garde-frontières et garde-côtes 
européens, mobilisable en moins d'une semaine en cas de crise 
migratoire, aura de nouvelles missions et compétences. 
    L'Agence procédera notamment à des études de vulnérabilité 
pour vérifier, via des "stress-tests", la capacité des Etats 
membres à répondre à une crise migratoire.  
    Et elle indiquera aux Etats concernés les mesures à mettre 
en oeuvre pour pallier d'éventuelles faiblesses.  
    "Les conclusions seront contraignantes pour les Etats 
membres (mais) elles vont aller de pair avec une aide", souligne 
Fabrice Leggeri. Le conseil de l'Union européenne pourrait voter 
temporairement le rétablissement des contrôles aux frontières de 
l'Etat récalcitrant, indique-t-il, tout en réfutant le terme de 
"punition".   
    Frontex cherche pour le moment à constituer un échantillon 
d'Etats volontaires pour affiner la méthodologie de ces "stress- 
tests", qui devrait être adoptée d'ici novembre. 
    La nouvelle agence bénéficiera aussi d'un mécanisme de 
plainte, pour permettre aux migrants de signaler d'éventuelles 
violations des droits de l'Homme. Un mécanisme "un peu subtil à 
mettre en oeuvre", reconnaît toutefois Fabrice Leggeri, 
puisqu'il ne pourra être efficace que sur les agents statutaires 
de l'agence, et pas sur les agents employés par un Etat membre. 
    Un peu moins de 350 personnes sont aujourd'hui employées par 
Frontex à son siège de Varsovie, en Pologne. Des effectifs 
amenés à rapidement augmenter puisque plus de 220 personnes 
seront recrutées en 2017, avec pour objectif d'atteindre 1.000 
salariés en 2020.  
 
 (avec Marine Pennetier, édité par Sophie Louet) 
 
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