Le nom du nouveau président autrichien ne sera connu que lundi

le , mis à jour à 20:22
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 (Actualisé avec résultats préliminaires, suspense jusqu'à 
lundi) 
    par Michael Shields et François Murphy 
    VIENNE, 22 mai (Reuters) - Les résultats préliminaires du 
second tour de l'élection présidentielle autrichienne donnent le 
candidat de l'extrême droite Norbert Hofer légèrement en tête 
devant Alexander van der Bellen, soutenu par les écologistes, 
mais avec une marge tellement étroite que le nom du vainqueur ne 
sera connu que lundi. 
    Les données du ministère de l'Intérieur montrent qu'il 
faudra attendre le dépouillement des bulletins de vote par 
correspondance pour savoir qui l'a emporté. Plus d'un électeur 
sur dix a opté pour le vote postal. 
    Norbert Hofer, auquel les résultats préliminaires accordent 
51,9% des voix, et Alexander van der Bellen (48,1%) ont 
eux-mêmes déclaré en début de soirée que le suspense se 
prolongerait jusqu'à lundi. 
    Une projection de l'institut SORA diffusée une heure après 
la fermeture des bureaux de vote, avait donné peu auparavant les 
deux adversaires à égalité parfaite, à 50,0%. La marge d'erreur 
de cette projection est de 1 point. 
    Les bureaux de vote ont fermé à 17h00 (15h00 GMT). 
    Au premier tour, le 24 avril, le candidat du Parti de la 
liberté (FPÖ), islamophobe et eurosceptique, était arrivé 
largement en tête avec 35% des voix contre 21% pour Alexander 
Van der Bellen. 
    Eliminés de la course, les sociaux-démocrates du SPÖ et les 
conservateurs chrétiens de l'ÖVP, qui dominaient la vie 
politique autrichienne depuis la fin de la Seconde Guerre 
mondiale, n'ont donné aucune consigne de vote dans l'entre-deux 
tours. Ils ont notamment estimé qu'un appel à faire barrage à 
l'extrême droite aurait conforté la stature de candidat 
"anti-système" de Hofer. 
    "C'est la photo-finish, un final à couper le souffle", a 
commenté sur l'antenne de l'ÖRF le directeur de campagne de Van 
der Bellen, Lothar Lockl, se félicitant déjà que son candidat 
ait comblé les 14 points d'écart qui le séparaient de Hofer au 
soir du premier tour. "En football, on dirait que le match est 
entré dans la prolongation", a-t-il ajouté. 
     
    UNE PREMIÈRE DANS L'UE ? 
    Une victoire de Hofer ferait de l'Autriche le premier pays 
de l'Union européenne à élire un chef d'Etat appartenant à 
l'extrême droite. Elle confirmerait de façon spectaculaire la 
poussée des partis nationalistes et xénophobes dans un continent 
où les migrants sont perçus par une large part de l'électorat 
comme une menace et où l'Union européenne provoque un rejet 
grandissant. 
    D'ores et déjà, le séisme du premier tour a provoqué des 
changements radicaux à Vienne. Le chancelier social-démocrate 
Werner Faymann, à la tête d'une grande coalition de gouvernement 
avec l'ÖVP, a démissionné et a été remplacé par Christian Kern, 
ancien patron des chemins de fer. 
    Le chef de l'Etat autrichien joue traditionnellement un rôle 
protocolaire mais il dispose de certains pouvoirs, comme celui 
de nommer le chancelier, de révoquer le gouvernement et assume 
le pouvoir de chef des armées. 
    Les prochaines élections législatives sont programmées en 
2018 mais un scrutin anticipé pourrait accélérer l'arrivée au 
pouvoir du FPÖ, que les sondages créditent de plus de 30% 
d'intentions de vote, un score qui en ferait le possible pilier 
d'une future coalition.  
    "Il me suffira de travailler un an ou deux et alors tout le 
monde verra que je suis OK, que je ne suis pas une personne 
dangereuse", a dit Hofer après avoir voté dans sa ville de 
Pinkafeld, dans l'est de l'Autriche. 
    Agé de 45 ans, le numéro deux du FPÖ est la figure 
rassurante du parti d'extrême droite, divisant moins que son 
président, Heinz-Christian Strache. Ce dernier a échoué de 
justesse aux municipales d'octobre dernier dans sa tentative de 
conquête de la mairie de Vienne mais a porté son parti à un 
niveau jamais vu.   
    Les déclarations de Hofer sur la menace posée par l'arrivée 
de migrants musulmans ont fait les titres de la presse 
récemment. Mais la progression du FPÖ est perceptible depuis 
plusieurs années et n'est pas seulement une des conséquences de 
la crise migratoire. Le sentiment électoral est plus diffus et 
se cristallise aussi sur les questions du chômage, de la 
sécurité et de la conviction que l'évolution sociale s'accomplit 
au détriment de la population.  
    "La principale différence entre Van der Bellen et Hofer est 
leur vision de l'Europe", note Anton Pelinka, analyste politique 
à l'Université d'Europe centrale à Budapest. 
 
 (Pierre Sérisier, Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le 
service français) 
 
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  • 445566ZM il y a 8 mois

    Les médias ont du mal à commenter le vote du peuple autrichien. La raison probable de ce vote contestataire, c'est le refus du flot des immigrés.