Le nom de Tamerlan Tsarnaev était sur une liste secrète du FBI

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LE NOM DE TAMERLAN TSARNAEV FIGURAIT SUR UNE LISTE DU FBI
LE NOM DE TAMERLAN TSARNAEV FIGURAIT SUR UNE LISTE DU FBI

par Mark Hosenball

WASHINGTON (Reuters) - Le nom de l'un des suspects du double attentat de Boston, Tamerlan Tsarnaev, figurait sur la liste secrète des personnes considérées par le gouvernement américain comme des terroristes en puissance, apprend-on de sources proches de l'enquête.

Mais l'inscription sur cette liste, qui contient plus d'un demi-million de noms, n'implique pas une surveillance automatique, ajoute-t-on.

Tamerlan Tsarnaev, 26 ans, tué par la police vendredi lors d'une fusillade et son frère cadet Djokhar, 19 ans, appréhendé plusieurs heures après, sont accusés d'avoir fait exploser deux bombes près de la ligne d'arrivée du marathon de Boston le 15 avril, faisant trois morts et plus de 200 blessés.

Selon les sources interrogés par Reuters mardi, des informations sur Tamerlan Tsarnaev ont été entrées dans TIDE, une base de données gérée par le Centre national de l'antiterrorisme (NCTC) parce que la police fédérale (FBI) l'a interrogé en 2011. Le FBI cherchait alors à vérifier un renseignement russe selon lequel le jeune Tchétchène était devenu un partisan de l'islamisme radical.

A l'époque, la police fédérale n'avait pas trouvé d'éléments lui permettant de dire que Tamerlan Tsarnaev constituait une menace active, mais avait tout de même inscrit son nom dans TIDE (Terrorist Identities Datamart Environment), dans laquelle figurent plus de 500.000 noms. On ne sait pas ce que le FBI a exactement découvert à son propos.

De par son ampleur, cette base de données, constituée, avec de nombreuses autres, après les attentats du 11 septembre 2001, n'est pas régulièrement consultée, expliquent ceux qui connaissent bien TIDE. Elle sert seulement de réceptacle à des informations sur des personnes considérées par les autorités américaines comme terroristes, soupçonnées de terrorisme ou terroristes en puissance dans le monde entier.

L'aîné des Tsarnaev n'a pas été mis sur une liste d'interdiction de vols qui l'aurait empêché d'emprunter un avion aux Etats-Unis. Il ne figurait pas non plus sur la "Selectee List" qui entraîne des mesures de vérification accrues envers ces personnes dans les aéroports.

DYSFONCTIONNEMENTS

Tamerlan Tsarnaev aurait aussi figuré sur une autre liste, la Terrorist Screening Database, version non secrète de la TIDE contenant des informations en nombre moins important sur les personnes soupçonnées de terrorisme.

Le Tchétchène a aussi été inscrit dans la base de données tenue à jour par le bureau des Douanes et de la protection des frontière du département de la Sécurité intérieure quand il a quitté les Etats-Unis pour la Russie en janvier 2012 mais il n'y a pas eu d'alerte, sans doute parce que le FBI ne l'avait pas identifié comme une menace après l'avoir interrogé.

Quand il est rentré de Russie six mois plus tard, il a été automatiquement rétrogradé dans la base de donnée du bureau des Douanes en l'absence d'information nouvelle nécessitant un suivi particulier.

En 2008, selon les dernières informations connues, TIDE contenaient plus de 540.000 noms représentant à peu près 450.000 personnes, certaines personnes figurant sous deux noms ou deux orthographes. Les Américains ou les résidents américains représentent moins de 5% des entrées, selon une description de TIDE faite par le site web du NCTC.

Les dysfonctionnements dus à la lourdeur du système de base de données aux Etats-Unis ont été mis en lumière lors de la tentative d'attentat contre un avion en 2009.

Les services chargés du renseignement et de la sécurité ont reconnu au Congrès que certains indices leur avaient échappé à propos de l'affaire impliquant le Nigérian Farouk Abdulmutallab, qui avait tenté de faire s'écraser un avion de ligne au-dessus de Detroit le jour de Noël 2009.

Bob Grenier, ancien chef de l'antiterrorisme à la CIA souligne que l'efficacité du système de surveillance par bases de données dépend des informations qu'on y met. Il rappelle qu'à moins d'un dossier très étayé à l'encontre d'une personne, les autorités ne peuvent multiplier les interdictions contre les individus dans une société libre.

Mark Hosenball; Danielle Rouquié pour le service français

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