Le Nobel de la paix appelle à investir dans l'éducation

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NEW DELHI, 21 octobre (Reuters) - Les Etats à travers le monde devraient réduire leurs budgets consacrés à la défense et investir dans l'éducation pour mettre un terme au travail des enfants, a déclaré Kailash Satyarthi, co-lauréat du prix Nobel de la paix. L'Indien Kailash Satyarthi, âgé de 60 ans, a partagé cette année avec l'adolescente pakistanaise Malala Yousafzaï le prix Nobel de la paix qui récompense leur lutte en faveur de l'accès de tous les enfants à l'éducation. "Le monde a été capable de produire plus de fusils, d'armes et de balles que de livres et de jouets dont ont besoin les enfants", a-t-il déclaré lundi lors d'une conférence de presse. "Avons-nous besoin de ce que les gens appellent 'défense', mais que je considère comme un crime ? Nous devons dépenser plus d'argent, même en le prélevant sur le budget alloué à la défense, et donner aux enfants une bonne éducation." Près de 30 millions de personnes, dont de nombreux enfants, vivent aujourd'hui dans des conditions d'esclavage, notamment comme travailleurs sexuels ou main-d'oeuvre non qualifiée exploités, a révélé une étude sur l'esclavage moderne publiée en octobre 2013. Près de la moitié des personnes en esclavage vivent en Inde, où le phénomène recouvre notamment des pratiques comme le travail contraint dans des carrières ou l'exploitation sexuelle commerciale. Kailash Satyarthi a créé en 1980 l'association Bachpan Bachao Andolan (Mouvement pour sauver l'enfance) qui a aidé à sauver près de 80.000 enfants, la plupart étant victimes de la traite. Le président du mouvement Global Campaign for Education a souligné que le cycle de l'analphabétisme, de la pauvreté et du travail des enfants pouvait être brisé si les enfants allaient à l'école. "Nous avons besoin d'une volonté politique plus soutenue. Il s'agit du financement de l'éducation des enfants, pour leur santé, pour leur mieux-être", a-t-il rappelé. "Nous avons besoin de près de 18 milliards de dollars de plus pour scolariser tous les enfants du monde. Cela représente moins de trois jours de dépenses militaires." Les dépenses publiques consacrées à l'éducation varient selon les pays. Alors que la part du PIB alloué à l'éducation est de près de 13% au Lesotho et à Cuba, elle est de moins de 2,5% en Birmanie ou au Bangladesh, selon la Banque mondiale. Les dépenses militaires représentes 9% du PIB en Arabie saoudite contre 1,4% au Brésil. Kailash Satyarthi a toutefois souligné que la situation s'était améliorée ces dernières années et que de plus en plus d'enfants allaient à l'école, leur permettant de sortir de la pauvreté et du travail forcé. Il y a aujourd'hui 168 millions d'enfants qui travaillent, a-t-il déclaré, contre 260 millions il y a près de 20 ans. Le nombre d'enfants non scolarisés a presque été divisé par deux, pour s'établir à 57 millions. L'attribution du prix Nobel, estime Kailash Satyarthi, a amené au premier plan la question du trafic d'êtres humains et du travail des enfants et renforce la détermination de dizaines de milliers de bénévoles qui risquent leurs vies pour sauver les enfants de l'esclavage. "Chaque enfant naît libre, digne et avec une identité. Les priver de ça est un crime contre l'humanité." (Nita Bhalla; Clémence Apetogbor pour le service français)

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  • LeRaleur le mardi 21 oct 2014 à 15:13

    Faut préciser Où. Encore un titre attrape nigauds.