« Le niveau artificiellement bas des taux d'intérêt invite à la plus grande prudence » (Rouvier Associés)

le
4

Michel Legros, Gérant Financier chez Rouvier Associés.
Michel Legros, Gérant Financier chez Rouvier Associés.

Depuis le lancement de ses premiers fonds en 1991, Rouvier Associés étoffe très progressivement sa gamme de fonds avec des encours sous gestion ayant désormais dépassé le milliard d'euros. Le point sur les techniques de gestion de la société et sur la problématique des taux négatifs avec Michel Legros, Gérant Financier chez Rouvier Associés.

Rouvier Associés gère actuellement quatre fonds. L’offre est-elle vouée à s’agrandir dans les années à venir, ou préférez-vous vous concentrer sur vos thématiques actuelles ?

L'offre s'articule effectivement à ce jour autour des quatre compartiments de la Sicav Rouvier, concentrée sur la sélection d'actions et de produits de taux. Nous allons y intégrer au deuxième semestre un cinquième compartiment baptisé Rouvier Multimanagers Balanced. Il s'agit d'un fonds de fonds qui reproduit le modèle de multigestion proposé à notre clientèle gérée sous mandat. Nous ajoutons ainsi une offre de fund picking à celle de stock picking.

Vous avez récemment dépassé le milliard d’euros d’encours sous gestion, dont 40% sont investis sur le fonds Rouvier Valeurs à lui seul. Comment s’explique cette préférence des investisseurs ?

Rouvier Valeurs est depuis 1991 le flagship historique de Rouvier Associés et représentait 80% des encours il y a encore quelques années. Il continue d'incarner notre philosophie d'investissement en actions fondée sur une latitude géographique et sectorielle et des critères précis de qualité et de prix.

Hormis l'élargissement de notre offre via Rouvier Europe puis Rouvier Évolution,  Rouvier Patrimoine - également créé en 1991 - a recueilli de fortes souscriptions dans les deux dernières années, ce qui a contribué à rééquilibrer le poids de Rouvier Valeurs.

Pouvez-vous nous présenter la façon dont l’équipe de Rouvier Associés sélectionne les actions de ce fonds ? Êtes-vous plutôt orientés large caps ou small caps ? Avez-vous des secteurs de prédilection ?

Comme nous l’avons dit, il n’y a ni prédilection géographique, sectorielle ou de taille de capitalisation. La sélection est assise sur deux séries de critères :

- Qualitatifs : nous choisissons des sociétés à croissance bénéficiaire pérenne et mettant en œuvre une stratégie claire.

- D’évaluation : nous investissons lorsque les cours de bourse offrent une décote par rapport à la valeur intrinsèque.

Depuis le début de l’année, le fonds Rouvier Patrimoine n’enregistre presque aucune perte malgré un marché actions baissier. Comment réalisez-vous cette performance ?

La résistance de Rouvier Patrimoine en 2016 s'explique par la politique sécuritaire que nous observons depuis plusieurs exercices. La part obligataire, qui est toujours supérieure à 70%, limite au maximum le risque de taux et de signature. Ainsi elle privilégie les emprunts d'Etat allemands de durée courte. Ce choix protège d'un éventuel accident sur les marchés obligataires. La même prudence s'applique aux 30% restants avec une part actions contenue actuellement à moins de 20% du portefeuille.

Depuis plus d’un an, de nombreux économistes et gérants s’inquiètent des taux très faibles et parfois négatifs sur le marché obligataire. Est-ce un sujet de préoccupation pour vous ? Comment vous y adaptez-vous ?

Le niveau artificiellement bas des taux d'intérêt invite à la plus grande prudence.

Elle se manifeste chez Rouvier Associés de deux façons : comme nous l'avons vu, nous ne sommes pas exposés dans notre portefeuille obligataire à un mouvement brutal de remontée des taux qui prendrait à revers les détenteurs d'obligations longues ou peu liquides. Par ailleurs, nos valorisations internes d'actions sont effectuées avec des taux normatifs en zone euro de 4% et non pas les taux de marché voisins de zéro. Cette double discipline atténue les risques en cas de hausse brutale des taux.

Propos recueillis par la rédaction de Boursorama

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • Cambio17 le mardi 20 sept 2016 à 10:19

    Avec l'obligataire on finance des pays avec 100% de dette de pib voir plus... Un jour il faudra dire "stop"...

  • M2310631 le mardi 20 sept 2016 à 09:59

    Si cet homme pense que l'obligataire diminue le risque de remontée des taux, je ne mettrai rien chez lui.L'obligataire n'est pas un risque si on va à échéance du contrat mais si pour une raison ou une autre le contrat devait être cassé ou le fond devait diminuer de taille. Le risque devient très important au contraire.

  • xk8r le mardi 20 sept 2016 à 09:36

    encore un qui avait envoyé tous ses clients sur l'obligataire !

  • cidem le mardi 20 sept 2016 à 09:28

    En résumé, ils ne sont pas sur le marché action mais sur l'obligataire.