Le Nigeria espère voir les lycéennes libérées d'ici mardi

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(Actualisé avec nouvelles attaques de villages, contexte, précisions) par Lanre Ola MAIDUGURI, Nigeria/ABUJA, 18 octobre (Reuters) - Des hommes armés soupçonnés d'appartenir à la secte islamiste de Boko Haram ont tué des dizaines de personnes vendredi et samedi lors de cinq attaques contre des villages nigérians, postérieures à l'annonce par le gouvernement d'un cessez-le-feu devant permettre la libération de 200 lycéennes, apprend-on samedi auprès de témoins et des services de sécurité. Mais le gouvernement a laissé entendre que ces attaques pourraient ne pas être le fait de Boko Haram mais plutôt le fait d'un des nombreux groupes criminels qui profitent du chaos engendré par l'insurrection islamique. Les discussions pour libérer les lycéennes doivent se poursuivre lundi au Tchad, a dit un porte-parle du gouvernement. La présidence nigériane et d'autres sources au sein du gouvernement ont fait savoir samedi que les autorités espéraient pouvoir faire libérer d'ici mardi les quelque 200 lycéennes enlevées en avril dernier par Boko Haram à Chibok, dans le nord-est du pays, alors qu'elles passaient des examens. Le chef d'état-major de l'armée nigériane, le maréchal de l'air Alex Badeh, a annoncé la conclusion du cessez-le-feu vendredi mais sans donner de détail. ID:nL6N0SC4DA Boko Haram, qui transmet ses messages via des enregistrements vidéo d'un homme qui se présente comme son chef, Abubakar Shekau, n'a pas confirmé cet accord. "Je peux confirmer que le GF (gouvernement fédéral) travaille dur pour remplir sa part de l'accord, de sorte que la libération des personnes enlevées puisse être effectuée ou lundi, ou, au plus tard, mardi prochain", a-t-on dit à Reuters au téléphone. LES BONNES PERSONNES L'annonce d'un cessez-le-feu risque d'être accueillie avec un certain scepticisme au Nigeria après cinq années de violence. Depuis l'enlèvement des lycéennes, l'armée nigériane a par deux fois annoncé avoir sauvé une partie des jeunes filles pour revenir sur ses déclarations quelques heures plus tard. Plusieurs séries de négociations ont été tentées ces dernières années avec Boko Haram mais elles n'ont jamais débouché sur un accord de cessez-le-feu, notamment parce que la secte est constituée de plusieurs sous-groupes. "Nous négocions avec une énorme prudence", dit-on au sein du gouvernement. Boko Haram est devenu une organisation si floue que n'importe quel groupe dissident pourrait surgir pour renier l'accord. Mais nous pensons que nous parlons avec les bonnes personnes." Boko Haram, dont le nom veut dire en gros "l'éducation occidentale est un péché", a tué plusieurs milliers de personnes à la faveur des diverses opérations armées qu'elle mène dans la partie nord du pays pour constituer un Etat islamique. Dans la première attaque, vendredi soir contre le village d'Abadam, une personne a été tuée et des maisons saccagées. L'autre attaque, contre le village de Dzur samedi matin, a fait au moins huit morts. Trois autres attaques, dans l'Etat d'Adamawa samedi ont fait des dizaines de morts, indiquent des témoins et un homme politique. Interrogé sur ces violences, Mike Omeri, porte-parole du gouvernement nigérian, a déclaré que "les gens de Boko Haram ont également dit que certaines attaques n'étaient pas entreprises par eux." (Felix Onuah; Danielle Rouquié pour le service français)

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