Le Niger souhaite un renforcement de Barkhane au Sahel

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 (Actualisé avec Hollande § 5-6) 
    PARIS, 14 juin (Reuters) - Le président du Niger a souhaité 
mardi un renforcement de l'opération antiterroriste française 
Barkhane dans la bande sahélo-saharienne à l'heure où son pays 
est confronté à une recrudescence d'attaques menées par le 
groupe islamiste Boko Haram.  
    Quelque 3.500 soldats français sont déployés dans cinq pays 
de la région (Tchad, Mali, Niger, Mauritanie et Burkina Faso) 
depuis près de deux ans pour traquer les djihadistes et les 
groupes armés, au premier rang desquels Al Qaïda au Maghreb 
islamique (Aqmi), qui sévissent dans la région au gré de 
frontières poreuses.  
    La France contribue également à la lutte contre Boko Haram 
en apportant son appui en matière de renseignement, logistique, 
armement et formation, aux armées des pays affectés par le 
groupe islamiste mais n'a pas de forces directement impliquées 
dans les combats.  
    "Nous souhaitons (...) le renforcement de cette opération 
sur l'ensemble du Sahel, y compris pour faire face aux menaces 
que nous connaissons aujourd'hui avec Boko Haram", a dit 
Mahamadou Issoufou à la presse à l'issue d'un entretien avec 
François Hollande à l'Elysée.  
    Le chef de l'Etat français a indiqué de son côté que Paris 
apporterait son soutien à la force multinationale - qui comprend 
le Niger, le Tchad, le Cameroun, le Nigeria et le Bénin - sans 
donner plus de détails.  
    Boko Haram a mené une offensive le 3 juin dernier contre la 
ville de Bosso, située sur les rives du lac Tchad, dans le 
sud-est du Niger, faisant une vingtaine de morts dans les rangs 
de l'armée nigérienne.  
    "Nous espérons que la France continuera à nous appuyer au 
plan de la capacité de renseignement, de capacité opérationnelle 
pour faire face à cette cette menace extrêmement dangereuse", a 
souligné Mahamadou Issoufou qui a également appelé à une 
"solution forte" au Mali voisin. 
     Un an après la conclusion d'un accord de paix censé 
permettre le retour de la stabilité au Nord-Mali, sa mise en 
oeuvre est quasiment au point mort.  
    L'impasse politique suscite l'inquiétude du Niger voisin, et 
des Nations unies qui constatent en parallèle une recrudescence 
des attaques contre les forces de maintien de la paix et l'armée 
malienne.   
    "Nous sommes face à des difficultés de mise en oeuvre de ces 
accords de paix et malheureusement des mouvements armés, on le 
constate, ne jouent pas toujours le jeu de la paix", a dit le 
président du Niger. "On note même des complicités entre certains 
de ces mouvements et les terroristes d'AQMI, d'Ansar Dine, d'Al 
Mourabitoun et autres".  
    La France a annoncé en avril un renforcement de ses 
effectifs militaires en Côte d'Ivoire, potentiel réservoir dans 
lequel elle pourra puiser en cas de besoin ou de crise dans la 
région. 
    Engagée au Sahel, l'armée français est également mobilisée 
en Irak et en Syrie contre l'Etat islamique et sur son 
territoire dans le cadre de l'opération Sentinelle.  
 
 (Marine Pennetier) 
 
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