Le Niger approuve l'envoi de troupes contre Boko Haram

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(actualisé avec attaque à Diffa, ministre nigérien) NIAMEY, 10 février (Reuters) - Le parlement du Niger a approuvé à l'unanimité lundi soir le déploiement de troupes dans le nord du Nigeria dans le cadre d'une mission militaire régionale contre les combattants du groupe islamiste Boko Haram. Le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin se sont mis d'accord ce week-end pour déployer une force commune de 8.700 hommes afin de lutter contre les insurgés responsables de plusieurs milliers de morts et de l'enlèvement de centaines de personnes. "La mise en commun des efforts et des ressources des pays concernés va contribuer sans aucun doute à écraser ce groupe qui fait preuve de mépris à l'égard de la religion musulmane par ses actes barbares", a déclaré Adamou Salifou, président de l'Assemblée nationale nigérienne. Le Niger a massé au cours des derniers jours plus de 3.000 soldats dans la région de Diffa dans le sud du pays à la frontière nigériane. Ces militaires attendaient le feu vert des parlementaires pour intervenir. "Notre pays n'a jamais failli à la solidarité avec ses voisins", a ajouté le président de l'Assemblée nationale devant la totalité des 102 députés présents. Lundi, les activistes de Boko Haram ont attaqué la ville-frontière de Diffa, dans le sud-est du Niger, tuant cinq personnes lors de la troisième opération de ce type en quatre jours. Ils ont également mené des offensives contre des villages au Cameroun et enlevé un autocar rempli de passagers. La calme régnait globalement dans Diffa mardi, mais des soldats ont abattu une femme portant une ceinture d'explosifs, a-t-on dit de source proche des services de sécurité, en prévenant que des islamistes avaient infiltré les groupes de civils nigérians qui se sont réfugiés au Niger voisin. La femme n'a pas obtempéré aux soldats qui lui intimaient l'ordre de ne pas s'approcher d'une base militaire, et ceux-ci ont alors ouvert le feu. Ils ont ensuite découvert des explosifs fixés sur elle, déclarait-on de même source. "La majeure partie des combattants de Boko Haram qui opèrent à Diffa s'étaient mêlés aux déplacés. Ce sont des réfugiés nigérians ou des Nigériens qui étaient au Nigeria", a dit un militaire. Des habitants de Diffa s'affairaient mardi pour trouver une place à bord des autocars quittant la ville. "La situation est très sérieuse à Diffa", a déclaré le ministre nigérien de la Défense, Karidio Mahamadou, sur les ondes d'une radio privée. (Abdoulaye Massalaki; Pierre Sérisier et Eric Faye pour le service français)

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