Le naufrage de Berne

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Le naufrage de Berne
Le naufrage de Berne

C'est le point de départ. Le 13 juin 2008, au premier tour de l'Euro, la France s'inclinait dans la nuit de Berne face à des Pays-Bas déchaînés. Ouvrant les chapitres noirs de son histoire récente, dans les derniers pas de ses anciens et la solitude d'un sélectionneur perdu. Comme dans un cauchemar.

L'image est significative. Ils sont dans le vestiaire et ils doutent. C'est une relation de confiance, une histoire d'hommes. Ils se connaissent par coeur, travaillent ensemble, se soutiennent ensemble, se sont préparés à affronter les épreuves ensemble. Pour décrire leur relation, l'un explique "qu'ils ne sont pas dans le show-biz". On leur reprocherait presque de ne pas être assez "requins". Philippe Bergeroo et Aimé Jacquet ne vivaient que pour le dialogue, la simplicité de leurs méthodes et l'humain. Ils ont longtemps travaillé ensemble au point que le premier devienne le confident du sélectionneur national jusqu'au sacre mondial de 98.

Près de dix ans plus tard, dans un hôtel situé sur les hauteurs de Vevey, le virage est total. Pierre Mankowski a remplacé Bergeroo, Domenech a pris la place de Jacquet. "Réunion avec le staff. Je subis. Pas de réponse, pas d'idée, cela me passe au-dessus de la tête. Merde, réveille-toi !"Raymond Domenech dans son carnet de bordC'est une semaine de juin 2008. Quelques jours plus tôt, la France s'est faite accrocher par la Roumanie à Zurich (0-0) alors que les Pays-Bas ont donné la leçon à l'Italie (3-0) lors de la première journée de la poule C du championnat d'Europe austro-suisse. Le 13 juin 2008, à Berne, quelques heures après le nul entre l'Italie et la Roumanie (1-1), les Pays-Bas sont le prochain adversaire des Bleus. Sur son livre de bord, Raymond Domenech note : "Réunion avec le staff. Je subis. Pas de réponse, pas d'idée, cela me passe au-dessus de la tête. Merde, réveille-toi ! Il me revient la remarque d'Aimé Jacquet qui m'avait raconté que Philippe Bergeroo l'avait secoué parce qu'il le voyait sombrer. Je vais le faire tout seul."

Le doute tue


Ce championnat d'Europe, Domenech ne le sent pas. Il ne retrouve pas l'ambiance de 2006, parle des "différences générationnelles, de la logique de revendication, des discussions jusqu'à deux heures du matin sur les contrats personnels" lors de la préparation à la compétition et se remet lui même en question. Sur une liste, trop difficile à faire, et des choix, humains parfois avant la logique sportive. Depuis un match amical contre le Paraguay (0-0), la…




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