Le nationaliste serbe Vojislav Seselj acquitté par le TPIY

le , mis à jour à 13:59
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    LA HAYE, 31 mars (Reuters) - Les magistrats du Tribunal 
pénal international pour l'ex-Yougoslavie ont acquitté jeudi 
l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj de tous les chefs 
d'accusation de crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui 
le visaient. 
    Les procureurs du TPIY de La Haye l'avaient accusé d'avoir 
lancé des incitations au meurtre et à la persécution durant les 
guerres de l'ex-Yougoslavie, dans les années 1990. 
    "Avec l'acquittement pour l'ensemble des neuf chefs 
d'inculpation figurant dans l'acte d'accusation, le mandat 
d'arrêt délivré par la cour d'appel est caduc", a déclaré le 
président du tribunal, le juge Jean-Claude Antonetti. "Vojislav 
Seselj est désormais un homme libre", a-t-il ajouté. 
    Le Premier ministre croate Tihomir Oreskovic a dénoncé une 
décision "honteuse" et une "défaite" pour le TPIY. 
    "Ce verdict est une honte. C'est une défaite pour le 
tribunal et les procureurs de La Haye", a-t-il déclaré lors 
d'une visite à Vukovar, ville croate assiégée en 1991 par les 
forces serbes. 
    "Cet acquittement me laisse sans voix", a déclaré Vesna 
Bosanac, qui dirigeait un hôpital de la ville au moment du 
siège. "Mais le jugement de Dieu l'attend", a-t-elle ajouté. 
    Aujourd'hui âgé de 61 ans, Vojislav Seselj était à l'époque 
à la tête du Parti radical serbe, la plus importante formation 
politique représentée au Parlement de Serbie, et dirigeait des 
milices lors du conflit, en Croatie et en Bosnie. 
    Atteint d'un cancer du foie, il a été libéré en novembre 
2014 par le TPIY en raison de son état de santé. Vojislav 
Seselj, qui a toujours clamé son innocence, avait prévenu qu'il 
ne regagnerait pas La Haye pour entendre la décision des juges. 
    Lors du siège de Vukovar, s'adressant à des combattants 
serbes, il avait notamment lancé qu'aucun "oustachi" ne devait 
quitter vivant la ville, faisant allusion aux miliciens croates 
alliés aux nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. 
    Le tribunal de La Haye a estimé que de tels propos ne 
relevaient pas de l'incitation au meurtre mais plutôt d'un 
discours de propagande "visant à relever le moral des troupes",  
a déclaré Jean-Claude Antonetti. 
    Au siège du Parti radical à Belgrade, les partisans de 
Seselj ont acclamé la décision du TPIY, totalement inattendue. 
Seselj lui-même s'attendait à une condamnation à 25 ans de 
prison. 
    Selon les sondages, son parti devrait obtenir plus de 5% des 
voix lors élections législatives d'avril et faire ainsi son 
retour au Parlement après quatre ans d'absence.  
    Seselj, qui n'a jamais abandonné son idéal de "Grande 
Serbie", était un proche de l'ancien président serbe Slobodan 
Milosevic, mort dans sa prison néerlandaise il y a dix ans avant 
la fin de son procès. 
 
 (Thomas Escritt avec Ivana Sekularac et Aleksandar Vasovic à 
Belgrade, Igor Ilic à Zagreb; Nicolas Delame, Eric Faye et Guy 
Kerivel pour le service français) 
 
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