Le mystère de l'incarnation

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François Hollande lors de la célébration du centenaire de François Mitterrandà paris le mercredi 26 octobre 2016.
François Hollande lors de la célébration du centenaire de François Mitterrandà paris le mercredi 26 octobre 2016.

La querelle de cette fin de quinquennat porte sur la stature présidentielle. A la décharge de François Hollande, ce n’est pas la première fois que cette question se pose au sommet de l’Etat : Nicolas Sarkozy connut aussi ce déficit d’incarnation.

La grande querelle de la fin du quinquennat porte sur l’incarnation. Autrement dit, sur la stature présidentielle, qui est un sujet tout sauf mineur. La cabale, puisque c’en est une, est menée par le président de l’Assemblée nationale en personne – Claude Bartolone – qui, mardi 25 octobre, a commis un crime de lèse-majesté en s’exclamant devant les élus socialistes : « Nous avons un vrai problème d’incarnation au sommet de l’Etat ! » Ce à quoi le premier secrétaire du parti socialiste, volant au secours du président de la République, a rétorqué le lendemain sur LCP : « Si c’est un problème d’incarnation, ça se soigne ! », tandis qu’à l’Elysée, au lieu de la lettre de cachet, le silence de mort. Triste fin de règne !

Il faut dire que François Hollande, qui d’emblée campait « le président normal », a tout fait pour aggraver son cas en confiant ses pensées et quelques secrets d’Etat aux deux journalistes du Monde venus le confesser. De leur livre Un président ne devait pas dire ça… (Stock), on tire l’impression que l’ancien premier secrétaire du parti socialiste n’en est toujours pas revenu d’avoir été élu président de la République. D’où une inflation de commentaires sur son action et les situations rencontrées, qui font de lui le chroniqueur du règne au lieu d’en être son moteur.

Mitterrand, le monarque républicain Par malchance, cela tombe justement la semaine où la gauche célèbre avec vénération le centenaire de la naissance de François Mitterrand. Ce président-là, deux fo...

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  • M4189758 il y a un mois

    JPi- Il y en a d'autres qui se Trumpe de la même façon. Sans doute la mondialisation. Mais quand même Erdogan ce n'est pas Atatürk.

  • M140210 il y a un mois

    C'est le problème des primaires, il n'y a plus de véritable chef dans les partis, alors on met des clowns devant un pupitre et le peuple, gavé de mensonges récurrents, vote pour celui qui fait les meilleurs promesses. Et ensuite, se fait l'élection de celui qui fait les meilleures promesses de chaque camp. Pauvre France, pauvre peuple, qui ne voulant pas voir l'évolution du monde, vote pour celui qui "l'embêtera" le moins