Le musée du Bardo attaqué à Tunis, 19 morts dont 17 touristes

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(Actualisé avec déclarations d'Essebsi, bilan français, corrige le jour au §1) TUNIS, 18 mars (Reuters) - Dix-sept étrangers et deux Tunisiens ont été tués mercredi par des hommes armés qui ont ouvert le feu sur des touristes à leur arrivée devant le musée du Bardo, à Tunis, avant de s'y retrancher avec des otages, selon le bilan communiqué par le Premier ministre Habib Essid. Le président Béji Caïd Essebsi a imputé la responsabilité de l'attaque à des islamistes armés. "Deux ont déjà été identifiés. Nous savons que ce sont les extrémistes toujours, ce qu'on appelle Ansar al Charia, ce qu'on appelle les salafistes djihadistes", a-t-il déclaré sur France 24. "C'est un acte sans précédent dans l'histoire de la Tunisie, c'est une catastrophe pour nous, nous avons eu beaucoup de victimes parmi les amis étrangers qui visitaient la Tunisie comme touristes", a ajouté le chef de l'Etat. Parmi les victimes figurent des Italiens, des Allemands, des Polonais et des Espagnols, a précisé Habib Essid, faisant état de 22 blessés. A Rome, le ministère des Affaires étrangères a annoncé le décès de trois Italiens. Six autres sont blessés. Côté français, on compte également six blessés, a déclaré Laurent Fabius. "Il y a six blessés qui ont été recensés par les autorités (...) plus une personne dont nous sommes sans nouvelles, qui aurait laissé ses papiers à son épouse. Parmi les six blessés il y en a trois qui se trouvent dans une situation sérieuse", a dit le chef de la diplomatie française. Le parquet de Paris a ouvert une enquête, comme c'est la norme. Deux heures après le début de l'attaque, les forces de l'ordre ont donné l'assaut. L'opération, qui a coûté la vie aux deux assaillants et à un policier, a permis de libérer tous les captifs, ont fait savoir les autorités. "TOUS LES TUNISIENS DOIVENT S'UNIR" "Deux terroristes déguisés en militaires ont pénétré dans l'enceinte du Parlement, puis dans le musée où ils se sont attaqués aux touristes. Dix-neuf personnes, dont 17 touristes étrangers, ont été tués. Vingt-deux touristes sont blessés", a déclaré Habib Essid. "Tous les Tunisiens doivent s'unir après cette attaque qui avait pour but de ruiner l'économie tunisienne", a-t-il ajouté. Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier commis contre des touristes en Tunisie depuis celui du 11 avril 2002 contre une synagogue de l'île de Djerba. Revendiqué par Al Qaïda, il avait fait 21 morts, pour la plupart des touristes allemands et français. Des images de télévision ont montré plusieurs dizaines de personnes, dont des gens âgés et un homme portant un enfant, se réfugiant dans une partie du musée, voisin du Parlement, sous la protection de membres des services de sécurité. L'Union européenne a proposé son aide aux autorités de Tunis, par la voix de la Haute Représentante de l'UE pour la politique étrangère: "L'UE est décidée à recourir à tous les moyens à sa disposition pour soutenir pleinement la Tunisie dans son combat contre le terrorisme et la réforme du secteur de la sécurité", a déclaré Federica Mogherini. Plusieurs organisations extrémistes, dont Ansar al Charia, sont apparues en Tunisie depuis la "révolution du jasmin" qui a mis fin au règne du président Zine ben Ali en janvier 2011. Les autorités estiment en outre à 3.000 le nombre de Tunisiens qui ont rejoint les rangs de groupes djihadistes à l'étranger et craignent que certains ne rentrent pour commettre des attentats dans leur pays. La révolution de Jasmin a été le premier acte du "printemps arabe", mais la Tunisie a échappé au chaos qui a notamment gagné la Libye voisine. Les autorités tunisiennes ont annoncé mardi le démantèlement de quatre cellules de recrutement djihadistes pour la Libye. Ahmed Rouissi, l'un des hommes les plus recherchés de Tunisie, qui commandait une unité de l'Etat islamique (EI) en Libye, a par ailleurs été tué récemment près de Syrte. Interrogé sur la situation en Libye, Beji Caïd Essebsi a estimé qu'une intervention militaire dans ce pays "ne ferait qu'aggraver" le problème. "Ce qu'il faut en Libye, c'est qu'on arrive à un dialogue (...) pour éviter que la Libye ne se divise en deux. Ce serait alors quelque chose de beaucoup plus catastrophique", a-t-il dit. (Tarek Amara, Mohamed Agoubi, avec Gregory Blachier à Paris; Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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