Le "mur budgétaire" américain, un désastre pour beaucoup d'Etats

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(Reuters) - Les Etats et villes américaines déjà confrontées à la montée du chômage et à la baisse de leurs recettes fiscales ont prévenu Washington qu'ils n'étaient pas de taille à surmonter les conséquences du "mur budgétaire" auquel les Etats-Unis risquent de se heurter faute d'accord entre la Maison blanche et le Congrès.

L'expression mur budgétaire ("fiscal cliff") recouvre la coïncidence, en début d'année prochaine, entre la fin d'allègement fiscaux datant de l'ère de George Bush et prolongées pour deux ans en 2010 et la mise en oeuvre de coupes automatiques dans les dépenses publiques prévues par l'accord de 2011 sur le relèvement du plafond de la dette.

Selon les estimations du Congressional Budget Office, le parlementaire bipartisan de contrôle des finances publiques, si aucun accord n'est trouvé, cette combinaison de hausses d'impôts et de baisse des dépenses estimée au total à 600 milliards de dollars pourrait faire replonger les Etats-Unis dans la récession.

Les républicains et les démocrates sont d'accord pour ne pas toucher au taux d'imposition des classes moyens et des ménages aux revenus modestes, la crispation se faisant sur la fiscalité des plus fortunés.

Les maires de 14 villes américaines se sont rendus jeudi au Congrès pour faire part de leurs inquiétudes tandis que le Pew Center on the States, un cercle de réflexion, publiait une étude montrant que certaines collectivités souffriraient bien plus que d'autres.

"Si nous nous heurtons au mur, non seulement les pertes d'emplois nous précipiteront en récession, mais l'impact psychologique serait très fort. (...) Je ne pense pas que nous puissions le surmonter, vraiment", a déclaré Greg Stanton, maire de la ville de Phoenix, dans l'Arizona.

Selon lui, cet Etat risque de perdre 38.000 emplois dans la défense et l'aérospatiale si le gouvernement fédéral applique les réductions de dépenses automatiques qui risquent d'entrer en vigueur au début de l'année prochaine.

Le Pew Center estime de son côté que les Etats de Virginie, du Maryland et de Hawaï seraient également pénalisés. L'Oregon, au contraire, pourrait n'en subir aucune conséquence.

Le "mur budgétaire" pourrait en outre se traduire par une diminution des financements des Etats par Washington, dans les secteurs de l'éducation et du logement, selon le Pew Center.

Si les recettes des Etats commencent à se redresser, elles sont encore inférieures à leurs niveaux d'avant la récession.

Au cours des quatre dernières années, les Etats ont supprimé environ 600.000 postes et réduit leurs dépenses d'environ 500 milliards de dollars, a déclaré Michael Leachman qui dirige un autre cercle de réflexion, le Centern on Budget and Policy Priorities.

Nicolas Delame pour le service français

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