Le moral des investisseurs allemands à un pic de quatre ans

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L'INDICE ZEW EN ALLEMAGNE
L'INDICE ZEW EN ALLEMAGNE

par Sakari Suoninen et Christiaan Hetzner

MANNHEIM, Allemagne (Reuters) - Le sentiment des analystes financiers et des investisseurs allemands a dépassé les attentes et atteint en novembre son niveau le plus élevé depuis quatre ans grâce à des perspectives économiques un peu meilleures pour la zone euro dans son ensemble.

L'indice de l'institut économique ZEW de Mannheim est ressorti à 54,6 en novembre, au plus haut depuis octobre 2009, contre 52,8 le mois précédent. Les 38 économistes interrogés par Reuters l'attendaient à 54,0 en moyenne, leurs projections s'échelonnant de 48,0 à 57,8.

L'indice a été calculé à partir d'une enquête auprès d'un échantillon de 265 analystes et investisseurs interrogés du 4 au 18 novembre.

Les perspectives économiques de la première économie européenne apparaissent de plus en plus solides en dépit d'un ralentissement de la croissance au troisième trimestre et d'un recul de la composante des conditions actuelles de l'indice.

"Les perspectives économiques de l'Allemagne se maintiennent à des niveaux élevés depuis des mois", a déclaré Clemens Füst, le président de l'institut ZEW. "La légère amélioration des perspectives économiques de la zone euro a pu contribuer à cette évolution."

Pour autant, l'espoir d'un redressement généralisé d'économies européennes affaiblies par cinq années d'austérité budgétaire et de remous financiers reste ténu.

La Banque centrale européenne (BCE) a surpris au début du mois en réduisant son taux de refinancement d'un quart de point, et même si l'Allemagne paraît plus solide que bien d'autres, sa croissance a ralenti à 0,3% au troisième trimestre après 0,7% au deuxième.

Michael Schröder, économiste du ZEW, explique que la dégradation de la composante de la situation actuelle s'explique en partie par la baisse des taux décidée par la BCE le 7 novembre, les investisseurs l'ayant interprétée comme le signe de difficultés économiques.

Mais pour Carsten Brzeski, économiste d'ING, le secteur exportateur allemand a encore de beaux jours devant lui dans la mesure où les économies périphériques de la zone euro se stabilisent et où la Chine est en train de revoir son modèle de croissance.

"L'économie allemande tire parti de taux d'intérêt bas, d'un solide marché du travail, d'une demande intérieure soutenue et de meilleures perspectives de demande externe", observe-t-il. "En conséquence, l'économie allemande devrait glisser sans remous vers la fin de l'année".

La Bundesbank a jugé lundi que la croissance allemande était solide et que la reprise allait se renforcer encore au cours des prochains mois, soutenue par la demande intérieure et par l'amélioration de la conjoncture mondiale.

En revanche, l'OCDE a revu en légère baisse, à 1,7% contre 1,9% précédemment, sa prévision de croissance de l'Allemagne en 2014 et estime que l'excédent courant, critiqué par les Etats-Unis et visé par une enquête de la Commission européenne, pourrait revenir en 2015 sous le plafond de 6% fixé par l'Union.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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