"Le monde est en guerre", mais pas de religions, dit le pape

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 (Actualisé avec discours du pape devant le gouvernement 
polonais) 
    par Philip Pullella et Wiktor Szary 
    CRACOVIE, Pologne, 27 juillet (Reuters) - Le pape François a 
estimé mercredi que "le monde est en guerre", mais pas de 
religions, après une série d'attentats ces dernières semaines, 
et notamment l'assassinat du père Jacques Hamel mardi à 
Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime).  
    "Le mot que l'on répète souvent en ce moment est insécurité 
mais le véritable mot est guerre", a-t-il déclaré aux 
journalistes l'accompagnant vers la Pologne où il a atterri dans 
la journée pour entamer une visite de cinq jours. 
    Selon lui, les récentes attaques peuvent être vues comme une 
nouvelle guerre mondiale. "Nous ne devons pas avoir peur de dire 
la vérité. Le monde est en guerre parce qu'il a perdu la paix", 
a ajouté le souverain pontife. 
    Le pape François a repris son micro quinze minutes plus tard 
pour préciser qu'il ne parlait pas de guerre de religions. 
    "C'est une guerre d'intérêts. C'est une guerre pour les 
ressources naturelles. C'est une guerre pour la domination des 
peuples. C'est cette guerre", a-t-il expliqué, affirmant que 
toutes les religions souhaitent la paix. 
    Il a qualifié le père Jacques Hamel, égorgé par deux hommes 
se revendiquant de l'organisation Etat islamique mardi dans 
l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, de "prêtre saint", qui 
était une innocente victime parmi tant d'autres. 
    Il a remercié les nombreuses personnes qui ont exprimé leurs 
condoléances après la mort de Jacques Hamel, et plus 
particulièrement le président François Hollande avec qui il 
s'est entretenu mardi. 
    L'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray a obscurci la venue du 
pape aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) organisées 
cette année à Cracovie, en Pologne. L'annonce de l'attaque a 
semé la consternation au rassemblement, un événement 
traditionnellement festif.   
     
    LE PAPE FUSTIGE LE GOUVERNEMENT 
    Peu après son arrivée à Cracovie, où a été déployé un 
important dispositif de sécurité, le pape François s'en est pris 
au gouvernement conservateur de la Pologne, critiquant à mi-mots 
ses positions hostiles à l'immigration. 
    Le paysage politique polonais a été bouleversé en octobre 
après des élections législatives marquées par une large victoire 
du parti Droit et Justice (PiS), dont les positions à la fois 
très à droite et l'eurosceptiques tranchent avec près d'une 
décennie de gouvernements plutôt modérés. 
    Tout mettant en avant ses racines chrétiennes, le 
gouvernement PiS est en désaccord avec le pape sur des dossiers 
tels que les réfugiés et l'environnement. Varsovie s'oppose 
également à la volonté de l'Union européenne de mettre en place 
des quotas obligatoires de relocation de migrants. 
    La Commission européenne a par ailleurs lancé en janvier une 
procédure formelle de surveillance du respect de l'état de droit 
en Pologne à la suite de réformes contestées adoptées par le 
gouvernement.  ID:nL8N14X314 ,  ID:nL8N1AD5QG  
    Dans un discours prononcé devant le président Andrzej Duda 
et le gouvernement dans l'enceinte du château de Wawel, l'un des 
sites historiques phares de Cracovie, le pape François a appelé 
à être disposé "à accueillir ceux qui fuient la guerre et la 
faim", ainsi qu'à une "solidarité avec ceux privés de leurs 
droits fondamentaux". 
    "Cela signifie qu'il faut faire tout ce qui est possible 
pour soulager les souffrances tout en travaillant sans relâche, 
avec sagesse et constance, pour la justice et la paix (...). 
    Le pape François se rendra dans deux jours dans l'ancien 
camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau. Ses deux 
prédécesseurs, l'Allemand Benoît XVI et le Polonais Jean Paul 
II, se sont rendus eux aussi à Auschwitz au cours de leur 
pontificat. 
    Jean-Paul II, qui était polonais, jouit d'un véritable culte 
en Pologne, en raison notamment de son rôle dans l'opposition du 
pays au pouvoir communiste dans les années 1980. Dans les rues 
de Cracovie ce mercredi, il y avait plus de posters de Jean-Paul 
II que de François, un Argentin. 
 
 (Laura Martin et Benoît Van Overstraeten pour le service 
français) 
 
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