Le monde entier réuni à Paris pour les victimes des djihadistes

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* Paris, capitale du monde pour quelques heures * Une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement présents * Un rassemblement à la mesure de l'émotion mondiale par Elizabeth Pineau PARIS, 11 janvier (Reuters) - Près de 130 pays représentés, une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement présents : la marche de dimanche de Paris en hommage aux 17 victimes des attentats djihadistes a attiré des personnalités du monde entier pour un rassemblement exceptionnel dans l'histoire contemporaine. Préparé en moins de 48 heures, il a donné lieu à une image inédite : les dirigeants des grands pays européens, le Premier ministre israélien, le président de l'Autorité palestinienne, le roi de Jordanie, des présidents africains et le ministre de la Justice américain, entre autres, alignés dans les rues de la capitale française devenue, pour un jour, le centre du monde. Un rassemblement à la mesure de l'émotion mondiale qui s'est exprimée depuis la fusillade qui a fait 12 morts mercredi à la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo. ID:nL6N0UQ0DZ Du jamais vu, même après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, qui firent près de 3.000 morts. "Totalement Charlie", selon son propre aveu, en référence au slogan "Je suis Charlie", le président du Mali, qui a défilé au bras de François Hollande, a rappelé que la France intervenait militairement dans son pays depuis deux ans jour pour jour. "Onze janvier 2013, mon pays a été sauvé de la barbarie terroriste par Serval. C'est le jour anniversaire exact", a dit Ibrahim Boubakar Keïta à des journalistes. "J'ai eu l'infime honneur de faire cette marche à côté de François Hollande, à sa droite, ce qui est un signe d'amitié, d'amitié réelle. Autour également, l'ensemble du monde aujourd'hui était là, est là aujourd'hui à Paris pour signifier notre refus à tous de ce que certains veulent nous imposer : le refus de la barbarie." "NOUS SOMMES TOUS DES CITOYENS FRANÇAIS" Confirmée samedi soir, la venue de Benjamin Netanyahu a touché la communauté juive de France, affectée par la prise d'otages de vendredi dans un supermarché casher de Paris. Les quatre victimes juives seront inhumées mardi en Israël, a précisé le Premier ministre israélien. Après une réunion avec ses homologues européens, le ministre de la Justice américain, Eric Holder, a résumé l'état d'esprit de beaucoup d'autres dirigeants : "Aujourd'hui, nous sommes tous des citoyens français, je suis un citoyen français, nous faisons montre de solidarité avec le peuple français." A son image, le monde entier a fait part de sa compassion autour du slogan "Je suis Charlie", repris sur les réseaux sociaux et sur les pancartes brandies par les centaines de milliers de personnes rassemblées à Paris, dans les villes de France mais aussi à l'étranger. ID:nL6N0UQ0DZ Arrivés un à un dans la cour de l'Elysée, les invités ont témoigné de leur compassion à François Hollande venu les accueillir sur le perron. On vit ainsi Matteo Renzi donner une accolade appuyée à François Hollande, qu'une photographie montre ensuite aux côtés d'une Angela Merkel au visage affecté, les yeux fermés. La courte collation servie à l'heure du déjeuner à l'Elysée a permis un aparté entre le président et la chancelière allemande, bientôt rejoints par le président ukrainien Petro Porochenko, l'un des rares moments de diplomatie pure dans une journée essentiellement consacrée au recueillement. C'est à pied que les dirigeants, mêlés à des ministres français et des conseillers élyséens, ont ensuite rejoint les bus qui les ont menés un peu à l'écart de la manifestation, aux abords de la mairie du XIe arrondissement de Paris. L'occasion de scènes étonnantes montrant Angela Merkel échanger quelques mots avec l'ancien président français Nicolas Sarkozy, où Benjamin Netanyahu attendant son tour pour monter à bord de l'autocar. Surveillé par un service d'ordre concentré, le défilé des dirigeants, vêtus de noir et se tenant par le bras, a duré à peine une vingtaine de minutes. Ils ont ensuite observé une minute de silence. De retour à l'Elysée, la plupart ont repris sans tarder le chemin du retour. (Avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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  • bouchet1 le mardi 13 jan 2015 à 13:32

    le monde entier.. mais pas pour les victimes camerounaise (un camerounais vaut il moins????)