Le monde du cinéma défend l'exception culturelle à Strasbourg

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LE MONDE DU CINÉMA SE MOBILISE À STRASBOURG POUR DÉFENDRE L'EXCEPTION CULTURELLE
LE MONDE DU CINÉMA SE MOBILISE À STRASBOURG POUR DÉFENDRE L'EXCEPTION CULTURELLE

STRASBOURG (Reuters) - Des représentants du cinéma européen, dont le réalisateur Costa Gavras et l'actrice française Bérénice Béjo, ont plaidé mardi à Strasbourg pour que la culture soit exclue des négociations sur un accord de libre-échange entre l'UE et les Etats-Unis.

La délégation qui s'est rendue au Parlement européen devait s'entretenir dans l'après-midi avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à quelques jours de l'adoption par l'Union de son mandat de négociation.

"On doit défendre la liberté de faire dans chaque pays européen comme on l'entend pour l'art", a dit à des journalistes Costa Gavras, reprenant une revendication de la France.

"On ne peut pas mettre tout cela à plat et imiter complètement le système américain. Je le respecte, on se nourrit de la culture américaine, mais je ne veux pas que leur système s'établisse en Europe", a ajouté le réalisateur franco-grec, qui dirige actuellement la cinémathèque française.

Le commissaire européen au Commerce, Karel de Gucht, qui mènera les négociations au nom des Vingt-Sept, s'est engagé à sanctuariser l'exception culturelle dans un futur accord, tout en souhaitant que la culture, et notamment sa dimension numérique, soit incluse dans les négociations.

"Je ne sais pas ce qu'il y a derrière cette affirmation", a dit Costa Gavras. Pour l'auteur de "Z" et d'"Etat de siège", il n'y a pas de raison de toucher à un système "qui a fait ses preuves" en apportant un soutien aux productions nationales via un mécanisme d'aides financières et de réglementations.

"Evidemment, il faut revoir l'exception culturelle avec les géants comme Google qui entrent dans l'audiovisuel, qui sont très gourmands et qui ne paient pas d'impôts. Il faut les y soumettre", a-t-il ajouté.

Intitulée "L'exception culturelle n'est pas négociable", une pétition en ligne lancée par une kyrielle de cinéastes européens a déjà recueilli plus de 7.000 signatures selon ses initiateurs.

Le Parlement européen s'était lui-même exprimé, le 23 mai dernier, pour l'exclusion des services culturels et audiovisuels, "y compris en ligne", des négociations avec les Etats-Unis.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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  • lorant21 le mardi 11 juin 2013 à 17:46

    Ah l'exception culturelle... c'est un impot qu'on prend aux pauvres pour donner aux riches. Les ouvriers/employés subventionne de 1 milliard par an les intermittents pour baisser les prix des spectacles des riches (d'Avignon, au cinéma en passant par l'Opéra)

  • gilardi9 le mardi 11 juin 2013 à 17:20

    Et oui il faut qu'il puisse garder les millions que l'état leur donne l'état (donc nous) pour faire quelques navets ou pouvoir se payer de beaux appartements. On je me demande pourquoi certains réalisateurs trouve toujours bcp d'argent pour réaliser des films qui ne plaisent qu'aux critiques de Télérama et des Inrok et font à peine 50 000 spectateurs. Ils disent prendre des risques mais ces risques ne leur coutent rien. Et ils ont un si beau chomage....

  • danapoin le mardi 11 juin 2013 à 15:53

    Gavras a piqué de nombreuses idées sur les Américains, donc sans eux, il n'aurait pas su comment faire ses 2 films de qualité; tant qu'à Béjo qui se prend pour une "star" laissez-moi rire!