Le Monde demande au Burundi de libérer ses deux journalistes

le
0
 (Actualisé avec autres arrestations, précisions, Fabius) 
    PARIS/NAIROBI, 29 janvier (Reuters) - Deux journalistes 
travaillant pour le journal Le Monde, le Français Jean-Philippe 
Rémy et le Britannique Philip Edward Moore, ont été arrêtés 
jeudi par la police dans la capitale du Burundi lors d'une 
opération contre des rebelles, ont annoncé vendredi le quotidien 
français et les autorités burundaises. 
    Selon Moïse Nkurunziza, porte-parole adjoint de la police, 
cinq personnes, dont le photographique britannique Phil Moore, 
ont été arrêtées lors de perquisitions dans les quartiers de 
Jabe et Nyakabiga, jeudi à Bujumbura. 
    Le Français Jean-Philippe Rémy est ensuite venu s'enquérir 
de ce qui était arrivé à son collègue britannique et il a aussi 
été arrêté pour être interrogé, a ajouté le porte-parole. 
    Les deux hommes étaient tous deux accrédités en tant que 
journalistes à Bujumbura, a-t-il précisé. 
    Jean-Philippe Rémy et le photographe britannique Philip 
Edward Moore "ont été interpellés à Bujumbura dans l'après-midi 
de jeudi par les services de sécurité burundais alors qu'ils 
rencontraient des opposants", écrit pour sa part le directeur du 
Monde Jérôme Fenoglio. 
    Le Monde demande sur son site internet "la libération 
immédiate de ses deux envoyés spéciaux", tandis que le ministre 
français des Affaires étrangères Laurent Fabius fait part de sa 
"préoccupation" et demande aussi la libération des deux 
journalistes. 
    "J'appelle les autorités du Burundi à procéder à leur 
libération immédiate. Des démarches diplomatiques sont en 
cours", précise le communiqué publié par le Quai d'Orsay. 
    Jean-Philippe Rémy, 49 ans, dirige le bureau régional du 
Monde à Johannesburg, tandis que Philip Edward Moore, 34 ans, 
est un photographe freelance qui a beaucoup travaillé sur les 
zones de conflit dans la région. 
    "Jean-Philippe Rémy est entré légalement dans le pays le 19 
janvier et Philip Edward Moore le 21 janvier", précise Le Monde. 
"Ils étaient tous deux munis de visas et ne faisaient qu'exercer 
leur métier en rencontrant toutes les parties concernées par les 
tensions en cours au Burundi." 
    Plus de 400 personnes ont péri dans des violences et 
manifestations au Burundi depuis que le président Pierre 
Nkurunziza a annoncé en avril sa volonté de briguer un troisième 
mandat consécutif, une décision jugée anticonstitutionnelle par 
l'opposition. 
    Pierre Nkurunziza a été réélu le 21 juillet dans un climat 
de contestation et des dizaines de milliers d'habitants ont fui 
le pays. 
    La communauté internationale s'inquiète du risque de 
violences intercommunautaires dans ce pays longtemps en proie à 
la guerre civile entre Tutsis et Hutus. 
 
 (Drazen Jorgic, Marine Pennetier et Jean-Baptiste; Danielle 
Rouquié pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant