Le monde au bord d'une nouvelle Guerre froide, dit Gorbatchev

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BERLIN, 8 novembre (Reuters) - Le monde est au bord d'une nouvelle Guerre froide en raison de la crise ukrainienne, a déclaré samedi l'ancien numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev, en visite à Berlin pour les fêtes du 25e anniversaire de la chute du Mur. Lors d'un discours prononcé près de la porte de Brandebourg, au coeur de la capitale allemande, l'homme de la "perestroïka" a reproché à l'Occident de ne pas avoir respecté ses promesses après les bouleversements de 1989 qui ont conduit à l'effondrement de l'URSS. "Le monde est au bord d'une nouvelle Guerre froide", a dit Gorbatchev, âgé de 83 ans. "Pour certains, elle a même déjà commencé. Pourtant, dans cette situation dramatique, nous voyons que le principal organisme international, le Conseil de sécurité des Nations unies, ne joue aucun rôle et ne prend aucune mesure concrète." Mikhaïl Gorbatchev a ajouté que l'Onu aurait dû agir avec détermination pour mettre fin aux combats dans l'est de l'Ukraine et il a également critiqué l'Europe, devenue "un champ clos d'agitation politique, de compétition entre les sphères d'influence et, en fin de compte, de conflit militaire." "La conséquence inévitable, c'est l'affaiblissement de l'Europe alors que d'autres centres de pouvoir et d'influence montent en puissance. Si cela continue, peu à peu l'Europe n'aura plus voix au chapitre sur les questions internationales et ne comptera plus." L'ancien président soviétique a accusé l'Ouest, "cédant au triomphalisme et à l'euphorie", d'avoir profité de la faiblesse de la Russie après la chute du communisme. Les Occidentaux, a-t-il poursuivi, "ont revendiqué le monopole de la direction du monde, sa domination, en ignorant les appels à la prudence lancés par certaines personnes, dont beaucoup sont présentes ici." Il a notamment cité, parmi les "erreurs" de l'Occident, l'élargissement de l'Otan à des pays de l'Est européen, la politique menée dans l'ex-Yougoslavie, notamment au Kosovo, ainsi qu'en Irak, en Libye et en Syrie. Il a aussi évoqué le "bouclier antimissile" américain. "Qui souffre le plus de ce qui se passe ? Je pense que la réponse est très claire: c'est l'Europe..." (Bettina Borgfeld et Erik Kirschbaum, Guy Kerivel pour le service français)

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