Le mollah Omar mort de cause naturelle, assure son fils aîné

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par Jibran Ahmad PESHAWAR, Pakistan, 14 septembre (Reuters) - Le mollah Omar, fondateur et dirigeant du mouvement des taliban en Afghanistan, est mort de cause naturelle, a déclaré son fils aîné dans un communiqué par lequel il appelle à l'unité et s'emploie à dissiper les rumeurs sur les circonstances du décès de son père. Les dissensions entre taliban menacent le fragile processus de paix avec le gouvernement de Kaboul et pourraient permettre au groupe djihadiste Etat islamique (EI) d'accroître son influence en Afghanistan. En juillet, à la suite de fuites émanant des services secrets afghans, les taliban ont officiellement confirmé que le mollah Omar était mort depuis plus de deux ans. Le lendemain, lors d'une réunion convoquée à la hâte, son bras droit, le mollah Mansour, a été désigné pour lui succéder. Nombre de commandants militaires, ainsi que certains membres de la famille du mollah Omar, n'ont pas vu d'un bon oeil ce choix. Certains se sont ouvertement posé la question de savoir pourquoi Mansour avait dissimulé la nouvelle de la mort d'Omar pendant plus de deux ans. L'intéressé a répondu qu'il avait fallu préserver l'unité du mouvement des "étudiants en religion" à un moment-clé, celui du retrait de la majeure partie des troupes de l'Otan stationnées en Afghanistan. "Je tiens à vous assurer qu'il est mort de cause naturelle", a déclaré le fils aîné du mollah Omar, le mollah Mohammad Yaqoob, dans un enregistrement audio diffusé dimanche soir et authentifié par des sources proches des taliban. "Il était malade depuis un certain temps, mais son état s'est dégradé", a-t-il dit. "Nous avons posé la question aux médecins; il semble qu'il était atteint d'hépatite C." "Il est resté en Afghanistan après l'invasion de l'Afghanistan. Il est mort là-bas et y a été enterré", a ajouté le fils aîné, âgé de 27 ans. PRÊT AU SUICIDE Dans l'enregistrement, qui est le premier document audio public du mollah Yaqoob, celui-ci rejette l'idée que son père ait désigné un successeur. "Il n'avait nommé personne à sa succession", précise-t-il. Le mollah Mansour, habile tacticien soutenu par certains des plus puissants commandants taliban sur le terrain, entretient de bonnes relations avec le Pakistan voisin, pays souvent accusé de soutenir l'insurrection afghane. Sa volonté de participer à des négociations de paix avec Kaboul, processus qui bénéficie du soutien du Pakistan, suscite l'inquiétude de certains chefs de guerre taliban, pour qui le nouveau chef est trop proche de certains responsables des services de renseignement pakistanais. Les insurgés taliban craignent que le Pakistan ne cherche à instrumentaliser leur mouvement à leurs propres fins, une inquiétude à laquelle le mollah Yaqoob a tenté de répondre dans son message audio. "Notre ennemi, c'est le gouvernement afghan, soutenu par les Etats-Unis", a-t-il dit. "Certains pays musulmans sont aussi aux côté de nos ennemis." Certaines milices affiliées aux taliban ont d'ores et déjà prêté allégeance au groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui contrôle des régions entières de Syrie ainsi que du nord et de l'ouest de l'Irak. Dans son message, le mollah Yaqoob ne va pas jusqu'à prétendre à diriger le mouvement des taliban afghans. "Si l'unité peut revenir avec ma mort, je suis prêt à me suicider", dit-il. "Nous sommes prêts à obéir à tout ordre que le conseil dirigeant nous donnera." (Eric Faye pour le service français)

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