Le MNLA repousse l'offensive de l'armée malienne à Kidal

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LES SÉPARATISTES DU MNLA REPOUSSENT L'OFFENSIVE DE L'ARMÉE MALIENNE
LES SÉPARATISTES DU MNLA REPOUSSENT L'OFFENSIVE DE L'ARMÉE MALIENNE

par Adama Diarra et Tiemoko Diallo

BAMAKO (Reuters) - Les séparatistes touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) qui se sont emparés de Kidal, dans le nord du Mali, ont repoussé mercredi une offensive des forces gouvernementales à l'issue d'intenses combats.

Les hommes du MNLA ont attaqué la ville samedi lors d'une visite du Premier ministre Moussa Mara. Huit militaires et huit civils ont alors été tués.

L'armée française, qui avait l'intention de réduire ses effectifs déployés en janvier 2013 au Mali dans le cadre de l'opération Serval, a au contraire annoncé l'envoi d'une centaine d'hommes supplémentaires.

Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Onu, a quant à lui lancé un appel à la fin immédiate des combats.

"Kidal tout entière est sous notre contrôle, y compris le camp militaire n°1, les bureaux du gouverneur et la forteresse", a assuré à Reuters Attaye Ag Mohamed, représentant du MNLA à Kidal, joint par téléphone.

"De notre côté, deux combattants ont été tués et huit autres ont été blessés", a-t-il poursuivi, faisant état de plusieurs tués et de prisonniers dans les rangs de l'armée.

Selon deux habitants de Kidal, les corps d'une dizaine de militaires étaient visibles dans le camp et des rebelles patrouillaient dans les rues.

Un diplomate en poste à Bamako a confirmé l'échec de l'offensive gouvernementale et un autre, la prise du camp militaire, ajoutant que des soldats blessés avaient été évacués par les forces françaises de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali).

"Le (gouvernement) malien a pris ses responsabilités. Il n'a informé ni la Minusma ni Serval. C'est une affaire malienne", dit Gérard Araud, ambassadeur de France à l'Onu, sur Twitter. "C'est aux Maliens de résoudre les problèmes maliens qui ne datent pas d'hier ou même de 2012", ajoute-t-il.

Bamako a accepté l'an dernier de négocier avec plusieurs groupes armés, dont le MNLA, en vue de l'instauration d'une forme d'autonomie dans le Nord.

Mercredi, les séparatistes touaregs ont peut-être reçu le renfort de combattants liés à des mouvements islamistes, selon un diplomate.

"PÉRIODE DE TENSION"

Dans un communiqué lu à la radio, le gouvernement avait dans un premier temps annoncé le lancement d'une opération "pour sécuriser et prendre le contrôle de Kidal".

Dans la soirée, il a expliqué que l'armée, affaiblie par des problèmes de coordination et de transmission des renseignements, avait dû battre en retraite.

"Le président a appelé à un cessez-le-feu immédiat", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Mahamane Baby, à la télévision publique, ajoutant qu'une enquête avait été ouverte.

Selon un témoin, le principal marché de Kidal a été détruit. "Il ne s'agit pas seulement de tirs, ce sont des combats. Il y a eu des fusillades pendant une heure sans interruption", a déclaré un habitant joint au téléphone.

La France est intervenue militairement en janvier 2013 pour stopper puis repousser les djihadistes qui s'étaient emparés du nord du Mali après en avoir évincé leurs ex-alliés touaregs.

L'état-major des armées françaises a donc annoncé mercredi l'envoi d'une centaine d'hommes supplémentaires après les violences du week-end à Kidal. L'effectif de la force Serval passera donc à 1.700 hommes.

"La décision a été prise de prendre des éléments depuis Abidjan (Côte d'Ivoire) pour les basculer à Gao compte tenu de la période de tension", a déclaré le porte-parole des armées françaises, le colonel Gilles Jaron, lors d'un point presse.

Paris avait décidé la veille de repousser de quelques semaines la réorganisation de son dispositif militaire dans la bande sahélo-saharienne.

Cette réorganisation prévoit le déploiement de 3.000 soldats dans la région, dont 1.000 à Gao, pour lutter contre "la menace terroriste qui se joue des frontières" poreuses entre le sud-libyen, le nord du Tchad et le nord du Niger.

(Avec Marine Pennetier à Paris et Bate Felix à Dakar, Pierre Sérisier, Mathilde Gardin, Jean-Philippe Lefief et Bertrand Boucey pour le service français)

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  • dupon666 le jeudi 22 mai 2014 à 09:51

    Encore un beau fiasco de pepere