Le MMA a défrayé la chronique à Paris

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Le MMA a défrayé la chronique à Paris
Le MMA a défrayé la chronique à Paris

Interdit en France, le Mixed Martial Arts a fait une incursion remarquée dans l'Hexagone samedi soir au Cirque d'Hiver de Paris. Un événement qui n'a pas fait que des heureux mais qui pourrait lancer la discipline.

L’événement était attendu par les fans depuis des années et il s’est déroulé sans faire de bruit. Samedi soir, le Cirque d’Hiver de Paris a accueilli « Cage Encounter 4 », la première réunion de MMA (Mixed Martial Arts) organisée en France avec des combats respectant l’ensemble des règles de ce sport, ring entouré d’une grille et coups au sol compris. Le MMA est une discipline mêlant plusieurs sports de combat qui est proscrite en France par un article du Code du sport interdisant les manifestations sportives « portant atteinte à l'intégrité physique et morale des participants ». Les organisateurs ont donc bravé la loi, et ils l’ont fait sciemment. « Nous avons voulu marquer l’histoire en réalisant un coup politique, pour que les choses avancent enfin, a déclaré au Parisien Fernand Lopez, co-organisateur de la soirée avec une fédération ukrainienne. On voulait que l’Etat se rende compte que les choses peuvent se dérouler avec sérieux et sans danger lorsqu’elles sont bien faites. On parle d’un sport qui a envahi le monde entier, il n’y a pas de raison que notre pays soit un des derniers à refuser de le reconnaître. »

Une soirée qui n’a pas fait plaisir au gouvernement

Si cette soirée a ravi les centaines de spectateurs présents au Cirque d’Hiver samedi soir, les réactions n’ont pas tardé à arriver lundi matin. Le secrétaire d’Etat aux Sports Thierry Braillard a d’abord donné son sentiment sur Twitter, indiquant que sa position et celle du gouvernement était de s’opposer à l’organisation d’événements de MMA sur le territoire national. Il a ensuite visé les organisateurs de la soirée dans un entretien accordé au Parisien. « On sait déjà que les documents fournis sur le règlement de cette compétition n’évoquent qu’une réunion de sport de combat, sans préciser qu’il s’agit de MMA. De plus, pour organiser un événement MMA, il faut être dans une fédération affiliée, ce qui n’est pas le cas. Il s’avère donc que des gens ont visiblement voulu détourner le Code sportif que nul n’est censé ignorer. Je n’aime pas être roulé dans la farine. » Mais le secrétaire d’Etat se dit ouvert au débat ? « C’est un phénomène sur lequel on n’est pas aveugle, mais le combat mixte existe déjà en France. Il s’agit du pancrace, où les soumissions sont autorisées mais pas les frappes au sol. »

Une enquête administrative ouverte

Mais, avant ce débat, le secrétaire d’Etat a demandé l’ouverture d’une enquête administrative pour comprendre comment une telle manifestation a pu être organisée. La conséquence de cette volonté de faire bouger les lignes par la force devrait être un durcissement des conditions pour organiser des compétitions de sports de combat en dehors des fédérations, le MMA n’étant pas formellement organisé en France de par son interdiction. « Notre enquête entraînera peut-être des sanctions, on va faire ce qu’il faut » a ajouté Thierry Braillard. Reste que ce premier événement hexagonal, et la publicité, positive ou négative, qu’il fait à la discipline, va attirer l’attention des principales fédérations mondiales, telles l’UFC ou le Bellator, pour la France. Il se murmure que l’UFC aurait déjà loué la future Bercy Arena pour y organiser une réunion si, un jour, la discipline est officiellement reconnue. Mais rien n’indique que cela arrivera à court ou moyen terme...

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