Le miracle de Henri-Jooris

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Le miracle de Henri-Jooris
Le miracle de Henri-Jooris

Il y a 70 ans, Lille et Lens s'affrontaient dans un derby du Nord. Un match marqué par l'effondrement d'une tribune sous le poids de supporters perchés sur la toiture de l'enceinte. Quand la passion cause des dégâts.

17 février 1946, il est 15 heures. La tension est à son comble au Stade Henri-Jooris. Lillois et Lensois sont prêts à en découdre pour ce qui est "le match de la saison" selon La Voix du Nord. Au-delà de la rivalité régionale déjà bien présente à l'époque, les deux équipes vont se livrer un match décisif dans la course au titre. Le LOSC et le RC Lens sont deuxièmes, à égalité de points, derrière l'AS Saint-Etienne. Georges Berry, l'entraîneur lillois, garde sa composition secrète jusqu'au dernier moment, en attendant de connaître le plan de jeu lensois. Bref, l'enjeu est énorme. Alors à Lille, tout le monde veut voir le match. "C'était une des rares occupations du week-end dans la région. On est juste après la guerre, le foot, c'est essentiel", explique Jean-Baptiste Allouard, co-auteur du livre L'Histoire des derbys aux éditions Les Lumières de Lille. "La rivalité est grande, entre le Lille bourgeois qui attire surtout la métropole et le Lens travailleur qui attire toute la région Nord-Pas-de-Calais", rappelle Olivier Brochard, l'autre auteur du livre. Forcément, le stade est comble. 16 000 spectateurs sont installés en tribunes, et 5000 autres s'agglutinent autour de l'enceinte pour racheter un billet au marché noir. Tous les moyens sont bons pour entrer. Un spectateur se pointe même avec un huissier, en vain, tandis qu'une cinquantaine d'énergumènes décident de grimper sur la toiture de la tribune située derrière le but lillois.

Contre fatal


Le début de match n'est pas pour calmer la foule, électrique. Au bout de quinze secondes de jeu, Bihel ouvre le score pour le LOSC. Le derby du Nord est plus que jamais lancé. Les supporters lillois sont intenables. Ceux restés aux abords du stades voient leurs potes juchés sur la toiture et sont jaloux. Ils les rejoignent donc, d'autres se hissent sur les panneaux publicitaires et sur tout ce qui leur permet de voir le match. Les cinquante supporters lensois tirent la gueule. Déjà qu'ils n'étaient pas content de n'avoir eu le droit qu'à cinquante places, les voilà déjà menés, dans un stade en effervescence. A la 19e minute, les Lensois partent en contre-attaque alors que leur capitaine, Anton Marek, est sur la touche, blessé. Les spectateurs lillois qui sont perchés, inquiets, se rapprochent pour mieux voir, et se penchent. "La toiture était fragile,…


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