Le ministre russe de l'Economie veut assouplir la règle budgétaire

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VERS UN ASSOUPLISSEMENT DE LA RÈGLE BUDGÉTAIRE EN RUSSIE
VERS UN ASSOUPLISSEMENT DE LA RÈGLE BUDGÉTAIRE EN RUSSIE

MOSCOU (Reuters) - La règle budgétaire qui empêche la Russie d'augmenter les dépenses de l'Etat est rattachée à "d'anciennes réalités" et devrait être assouplie, déclare le ministre russe de l'Économie Alexeï Oulioukaïev dans une tribune publiée lundi.

Les dépenses de l'Etat russe sont liées à l'évolution à long terme des cours du pétrole et sa capacité d'emprunt est limitée à 1% du produit intérieur brut (PIB). Mais ce système est contesté actuellement, à plus forte raison après les sanctions occidentales qui menacent de faire replonger le pays dans la récession.

"Il est désormais évident que ce mécanisme a cessé de nous satisfaire pleinement", écrit le ministre de l'Économie dans un article paru dans le quotidien russe Vedomosti.

"Nous nous sommes privés du droit de stimuler l'économie à l'aide de la politique budgétaire à un moment où nous sommes près de la récession, où nous devons prendre des mesures pour atténuer les conséquences négatives de la montée des tensions géopolitiques."

Cet tribune illustre les tensions entre les tenants du conservatisme budgétaire, menés par le ministre des Finances Anton Silouanov, et d'autres responsables, comme Alexeï Oulioukaïev, qui sont en faveur d'une politique budgétaire plus souple capable de soutenir la croissance.

Des statistiques officielles publiées vendredi montrent que l'économie russe s'est contractée en rythme annuel au cours des deux derniers mois, confortant les craintes d'une récession en 2014 sur fond de tensions liées à l'Ukraine.

Dans un rapport hebdomadaire, le ministère de l'Économie a estimé que le PIB avait reculé de 0,2% en juillet par rapport au même mois de l'an dernier, après une baisse de 0,1% en juin.

Les pays occidentaux ont imposé des sanctions à la Russie pour son rôle dans la crise en Ukraine, et Moscou à pris des mesures de rétorsion en limitant certaines de ses importations.

Selon Alexeï Oulioukaïev, si le déficit budgétaire était porté à 1% du PIB, la banque centrale russe pourrait aider à le financer en intervenant plus activement sur le marché, à travers des achats d'obligations souveraines auprès des banques.

La Russie devrait également chercher à lever davantage de dette à long terme en Asie, a-t-il dit, ajoutant que si ces dépenses supplémentaires servaient à limiter les goulots d'étranglement dans des secteurs "productifs" et les infrastructures, elles ne seraient pas inflationnistes.

Le ministre des Finances estime pour sa part que les plafonds imposés aux dépenses publiques et aux emprunts de l'Etat doivent être maintenus compte tenu des capacités de financement limitées de l'Etat et du risque de baisse des prix du pétrole qui affecterait les recettes fiscales du pays.

(Jason Bush, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Nicolas Delame)

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