Le ministre japonais de l'Economie démissionne

le , mis à jour à 11:54
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 (Actualisé avec nomination de son successeur, § 2-9-10-11) 
    TOKYO, 28 janvier (Reuters) - Le ministre japonais de 
l'Economie, Akira Amari, a annoncé jeudi sa démission afin que 
les accusations de corruption portées contre lui ne fassent pas 
obstacle à la relance de l'économie. 
    Il a été remplacé par Nobuteru Ishihara, que le Premier 
ministre Shinzo Abe a chargé de poursuivre sur la même voie. 
    Lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision, 
Amari, qui doit se défendre depuis plusieurs jours d'accusations 
de corruption et de financement illégal, a souligné que son 
départ était une décision politique et non un aveu de 
culpabilité. 
    "Nous devons faire adopter aussi vite que possible des lois 
au parlement pour mettre en place des mesures permettant de 
vaincre la déflation et de créer une économie solide. Tout ce 
qui est susceptible d'entraver ceci doit être éliminé, et je ne 
fais pas exception. J'aimerais par conséquent démissionner de 
mon poste de ministre pour assumer la responsabilité", a-t-il 
expliqué. 
    D'après des médias japonais, Akira Amari et ses conseillers 
ont accepté de l'argent de la part d'une société de BTP en 
échange d'une aide pour que l'entreprise obtienne des indemnités 
de l'Etat en rapport avec des contentieux fonciers et 
environnementaux sur un site de travaux publics. 
    Devant la presse, le ministre a reconnu jeudi que cette 
entreprise du BTP avait versé de l'argent mais qu'il n'en avait 
pas bénéficié personnellement: la somme, a-t-il dit, a été 
enregistrée régulièrement au titre du financement politique. 
    Il a précisé qu'une partie de l'argent avait indûment 
disparu et que deux de ses secrétaires lui avaient remis leur 
démission. 
    Proche de Shinzo Abe, qui lui avait réitéré son soutien la 
veille, Amari occupait un poste-clef dans la mise en oeuvre de 
la politique de relance économique. C'est lui aussi qui a dirigé 
les négociations du Partenariat transpacifique (TPP), l'accord 
de libre-échange avec les Etats-Unis et dix autres pays de la 
région Asie-Pacifique. 
    Son successeur, Nobuteru Ishihara, député dans l'actuelle 
législature, ex-secrétaire général du Parti libéral démocrate 
(PLD) et ancien ministre de l'Environnement, a été chargé de 
poursuivre la même politique. 
    Shinzo Abe lui a expressément demandé de "continuer les 
réformes structurelles" et "la revitalisation de l'économie". 
    Le Premier ministre a ajouté qu'il ne voyait pas en quoi la 
démission d'Amari pourrait poser un problème au sujet du TPP. 
 
 (Leika Kihara et Kiyoshi Takenaka; Jean-Stéphane Brosse et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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