Le ministre de la Défense nord-coréen exécuté, selon Séoul

le , mis à jour à 06:53
1

(répète mot manquant §1) par Ju-min Park et James Pearson SEOUL, 13 mai (Reuters) - La Corée du Nord a exécuté son ministre de la Défense pour trahison en le plaçant sous le feu d'un canon antiaérien sur un champ de tir, ont déclaré mercredi des agents des services de renseignement sud-coréens à des parlementaires à Séoul. Hyon Yong Chol, 66 ans, a été écarté le mois dernier pour avoir désobéi à Kim Jong Un et s'être endormi lors d'une manifestation militaire à laquelle assistait le numéro un nord-coréen, ont dit ces élus à Reuters. Des centaines de personnes ont regardé sa mise à mort, ont ajouté les agents du NIS (National Intelligence Service) lors d'une audition à huis clos. Hyon, qui s'était rendu en avril dernier à une conférence sur la sécurité à Moscou, où il avait pris la parole, se serait plaint à plusieurs reprises auprès de Kim Jong Un et aurait refusé plusieurs fois de suivre ses directives, ont déclaré des députés. Il a été arrêté à la fin du mois dernier et exécuté trois jours plus tard, sans aucune procédure judiciaire. Il y a deux semaines, les mêmes services secrets déclaraient à huis clos devant des parlementaires que le numéro un nord-coréen avait ordonné depuis le début de l'année l'exécution de 15 hauts responsables ayant défié son autorité. Au total, selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap citant le NIS, environ 70 responsables ont été exécutés depuis que Kim a succédé en décembre 2011 à son père Kim Jong Il. "La politique intérieure nord-coréenne est très volatile en ce moment", a déclaré Michael Madden, un expert de la direction nord-coréenne. "En interne, il ne semble pas y avoir beaucoup de respect pour Kim Jong Un au sein du noyau central et du niveau intermédiaire de la direction." Ce spécialiste juge cependant que l'autorité de Kim Jong Un ou la stabilité du pays ne sont pas menacés dans l'immédiat. UNE PORTÉE DE 8.000 M Hyon a été exécuté sur un champ de tir situé dans le camp d'entraînement de Kanggon, à 22 km au nord de Pyongyang, précisent les parlementaires interrogés par Reuters. Le Comité pour les droits de l'homme en Corée du Nord, basé aux Etats-Unis, a déclaré le mois dernier que selon des images satellites, ce champ de tir avait déjà été utilisé pour une exécution au canon antiaérien ZPU-4 en octobre dernier. Le condamné était à une trentaine de mètres, alors que cette arme a une portée de 8.000 mètres, selon le comité. Le haut commandement de l'armée nord-coréenne n'a cessé d'être renouvelé depuis l'accession au pouvoir de Kim fin 2011. Quatre chefs d'état-major se sont ainsi succédé. Hyon Yong Chol, un général peu illustre, avait été promu au rang de vice-maréchal en 2012. Selon les services de renseignement sud-coréens, Ma Won Chun, considéré comme l'architecte en chef des projets d'infrastructures, a également été victime d'une purge. Ma avait également oeuvré comme directeur adjoint du très secret département des Finances et de la Comptabilité du Parti des travailleurs de Corée, le parti unique au pouvoir. Il est longtemps apparu sur les photographies aux côtés de Kim Jong Un avant de disparaître des clichés à partir de novembre dernier. En 2013, le dirigeant nord-coréen avait limogé et fait exécuter son oncle, Jang Song Thaek, naguère considéré comme le deuxième homme le plus puissant du régime. Les motifs invoqués contre l'oncle allaient de la corruption à des crimes économiques. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • charleco le mercredi 13 mai 2015 à 09:13

    !!!!!!