Le Mexique peine à endiguer la baisse du peso due à Trump

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LE PESO À UN NOUVEAU PLUS BAS HISTORIQUE FACE AU DOLLAR
LE PESO À UN NOUVEAU PLUS BAS HISTORIQUE FACE AU DOLLAR

MEXICO (Reuters) - Le peso mexicain est tombé vendredi à un nouveau plus bas historique face au dollar américain et certains observateurs s'attendent à une poursuite du mouvement de baisse déclenché par la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine.

Pénalisée par la crainte d'une dégradation des relations politiques et commerciales entre les deux rives du Rio Grande, la devise du Mexique est tombée à plus de 21,30 pour un dollar, contre moins de 18,5 avant le scrutin aux Etats-Unis, cédant jusqu'à près de 4% avant de regagner un peu de terrain.

Vers 19h45 GMT, il se traitait autour de 20,85 pour un dollar, en recul de 1,2% sur la journée et de plus de 9% sur la semaine.

Les pertes se sont momentanément creusées après une conférence de presse du ministre des Finances, José Antonio Meade, lors de laquelle il n'a annoncé aucune mesure spécifique visant à enrayer la baisse de la monnaie.

Les autorités mexicaines ont jusqu'à présent choisi de ne pas intervenir pour soutenir le peso, préférant attendre la réunion de politique monétaire de la banque centrale prévue la semaine prochaine.

Un gérant de fonds s'est dit surpris du choix du ministère des Finances de convoquer une conférence de presse, donc d'alimenter en vain les spéculations sur d'éventuelles mesures.

"Ils ont des problèmes de communication", a dit ce professionnel des marchés, qui a requis l'anonymat.

José Antonio Meade s'est efforcé de justifier l'inaction des autorités en expliquant que dans un contexte de volatilité généralisée des marchés après l'élection de Donald Trump, une intervention sur le marché local des changes n'aurait que peu d'effet.

Les résultats des élections américaines ont particulièrement pénalisé les marchés mexicains et certains économistes ont déjà revu à la baisse leurs prévisions de croissance.

Donald Trump a notamment affirmé pendant sa campagne vouloir construire un mur à la frontière mexicaine - financé par Mexico - pour freiner l'immigration clandestine, expulser des millions de personnes en situation irrégulière sur le sol des Etats-Unis et renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena) signé par les Etats-Unis, le Mexique et le Canada.

"Même dans l'hypothèse d'une absence de droits de douane, nous pensons que la conjonction d'une incertitude accrue, de la baisse du peso - synonyme de poussée inflationniste - et d'un net resserrement de la politique monétaire pèseront sur l'économie mexicaine", écrit Oxford Economics dans une note, précisant avoir ramené ses prévisions de croissance pour 2017 et 2018 à 2,1% et 2,2% respectivement, contre 2,5% et 2,4% auparavant.

Oxford Economics ajoute s'attendre à ce que la banque centrale relève ses taux d'intérêt de 50 points de base jeudi prochain, puis de 75 points supplémentaires l'année prochaine.

Le peso affiche désormais la plus mauvaise performance 2016 toutes devises confondues. La Bourse de Mexico, elle, abandonnait un peu moins de 1% vers 20h10 GMT vendredi après avoir chuté de près de 5% jeudi.

(Gabriel Stargardter et Miguel Gutierrez; Marc Angrand pour le service français)

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