Le meurtrier présumé de Laëtitia évoque un complice

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TONY MEILHON, MEURTRIER PRÉSUMÉ DE LAETITIA, DEVANT LA JUSTICE
TONY MEILHON, MEURTRIER PRÉSUMÉ DE LAETITIA, DEVANT LA JUSTICE

par Pierre-Henri Allain

NANTES (Reuters) - Tony Meilhon a reconnu pour la première fois mercredi avoir porté des coups de couteau à Laëtitia Perrais, tuée en 2011 près de Pornic (Loire-Atlantique), évoquant l'existence d'un complice qui l'aurait aidé à se débarrasser du corps.

L'accusé, qui avait jusqu'à présent uniquement reconnu avoir percuté le scooter de la jeune fille, a toutefois démenti devant la cour d'assises de Loire-Atlantique avoir démembré la jeune fille, dont des morceaux ont été retrouvé en plusieurs endroits.

"Je reconnais avoir eu l'accident et je reconnais avoir porté des coups de couteau, mais je ne reconnais pas avoir démembré le corps", a t-il dit, précisant avoir donné les coups de couteau pour faire croire à un meurtre.

Les cheveux noirs attachés en queue de cheval, détendu et s'exprimant avec beaucoup d'aisance, l'accusé a relaté avoir heurté le scooter de la victime et provoqué selon lui un accident mortel avant de paniquer et de faire appel à une tierce personne qu'il a nommée «Monsieur X».

Il a ajouté qu'après avoir tenté d'enterrer le corps en divers endroits, il s'était résolu à découper la victime sur les conseils de ce complice mais n'avait pu accomplir cet acte, laissant entendre que son comparse s'en était chargé.

Chacun des deux hommes se serait ensuite chargé d'une partie du corps pour jeter les morceaux dans des étangs de la région.

"C'est une version que vous n'aviez jamais présentée", s'est étonné le président de la Cour Dominique Pannetier, qui a rappelé que l'accusé s'était contredit à plusieurs reprises au cours de l'instruction, présentant différentes versions des faits sans jamais évoquer l'existence d'un complice.

UNE VIOLENCE "GRAVÉE EN MOI"

Tony Meilhon, 33 ans, a alors expliqué qu'il avait pris conscience de "la douleur des personnes" ces derniers mois.

"En voyant le mal que j'ai fait, je me dois de dire la vérité pour sa famille, ses amis, pour Laëtitia", a-t-il dit.

Selon les enquêteurs, aucune autre personne ne serait toutefois intervenue dans les faits "d'enlèvement, de séquestration et de meurtre" dont est accusé Tony Meilhon et pour lesquels il risque la réclusion à perpétuité.

Laëtitia Perrais, 18 ans a été portée disparue le 19 janvier 2011 après la découverte de son scooter accidenté à quelques dizaines de mètres du domicile de la famille d'accueil où elle vivait avec sa soeur Jessica.

Plusieurs témoins ayant vu Tony Meilhon avec la victime la veille de sa disparition, celui-ci avait été interpellé le 20 janvier par les enquêteurs qui découvriront des traces de sang dans son véhicule, une Peugeot 106 volée.

L'accusé n'avait pas respecté les termes de son contrôle judiciaire, ce qui avait amené le président de l'époque, Nicolas Sarkozy, à mettre en cause le travail de la justice.

Après la découverte du corps démembré de Laëtitia, l'autopsie mettra en évidence des traces de strangulation ayant provoqué la mort et des blessures dues à plusieurs coups de couteaux. Différents objets ayant servi à découper le corps de la victime seront également retrouvés là où logeait l'accusé.

Placé à 11 ans en foyer, Tony Meilhon a expliqué à la Cour avoir subi enfant les violences de sa mère.

"Cette violence que j'ai encaissée s'est gravée en moi", a t-il dit. "Si on n'avait pas pourri ma vie, je n'aurais pas fait ça", a t-il lancé à la Cour pour expliquer les nombreux actes de délinquance qu'il a accomplis avant le crime pour lequel il est jugé à Nantes, reconnaissant aussi qu'il agissait "souvent sous l'impulsion, sous le coup de la colère".

Condamné à plusieurs reprises pour des vols et un viol sur mineur, Tony Meilhon a été décrit comme "psychopathe" par les experts qui parlent de "dangerosité sociale".

Il a dit s'en être pris autrefois à une petite amie qui l'avait quitté en lui plaçant le canon d'une arme dans la bouche. "Bien sûr, c'est grave, mais je n'ai pas tiré quoi!"

Le procès est prévu jusqu'au 7 juin.

Edité par Yves Clarisse

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