Le meurtrier présumé de fillettes confondu 22 ans après

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par Catherine Lagrange

GRENOBLE (Reuters) - Un homme de 37 ans a été mis en examen jeudi pour "tentative de viol sur mineur et assassinat" dans une affaire remontant à plus de 22 ans après avoir été confondu par son ADN, a annoncé le procureur de la République de Grenoble.

Il doit être mis en examen une deuxième fois en fin de journée pour "meurtre sur mineur de moins de 15 ans" dans une seconde affaire remontant, elle, à 17 ans.

Le procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, a déclaré que le suspect avait "reconnu les faits".

"C'est l'extraordinaire avancée de la science et de la biologie qui a permis de résoudre ces deux affaires", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.

"La science a progressé de façon considérable ces trois dernières années et le laboratoire de Bordeaux a pu analyser des scellés qui avaient été conservés dans d'excellentes conditions, et on est maintenant capable d'analyser l'ADN à partir d'une seule cellule", a-t-il ajouté.

La première affaire remonte au 16 avril 1991 avec la disparition de Sarah, 6 ans, retrouvée étranglée le lendemain dans un bois proche de son domicile à Voreppe (Isère). Des traces de sperme avaient été retrouvées sur sa chemise.

La seconde affaire concerne Saïda, 10 ans, qui avait disparu le 24 novembre 1996, également à Voreppe. Elle sera retrouvée deux jours plus tard dans un canal, elle aussi étranglée.

Les investigations se sont poursuivies pendant plusieurs années sur ces deux dossiers sans avancées majeures.

En janvier 2013, une juge d'instruction grenobloise a demandé de nouvelles expertises génétiques qui ont permis d'identifier un homme prénommé Georges habitant Voreppe, voisin des familles des deux petites victimes.

QUINZE ANS AU MOMENT DU PREMIER MEURTRE

Les empreintes digitales et génétiques de cet homme avaient été recueillies récemment après un délit lié à une conduite sous stupéfiants et sans assurance.

"Il avait quinze ans au moment du premier meurtre et sera donc jugé par le tribunal pour enfants", a précisé le procureur.

Il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion.

Dans le cas de Saïda, l'homme était âgé de 20 ans et est donc passible de la cour d'assises qui peut le condamner à perpétuité. Les deux peines seront confondues.

Le procureur de Grenoble a décrit le mis en examen comme un individu accablé par la pauvreté et la maladie.

"C'est un peu la misère, il était ouvrier mais ne travaille plus aujourd'hui. Il est atteint d'une maladie (...) qui le handicape lourdement", a dit Jean-Yves Coquillat.

Cette maladie a été contractée après les faits reprochés.

Père d'un garçon de 4 ans, il est toujours resté proche des frères des deux victimes et a même fait garder son propre fils par les familles des deux fillettes assassinées.

"Il n'avait jamais attiré l'attention pour des faits graves. Il n'a jamais quitté Voreppe, il n'aurait pas eu les moyens financiers et intellectuels de partir ailleurs", a dit le procureur.

Le colonel de gendarmerie François Rougier, qui a dirigé l'enquête, a indiqué qu'en 2008 une cellule forte de 12 enquêteurs destinée à faire avancer des affaires non élucidées avait été créée.

"Nous avons établi un travail de recoupement auprès des serial killers français et étrangers, auprès de 3.000 délinquants sexuels, mais nous ne sommes pas tombés sur lui", a-t-il expliqué. "Il était tout prêt, mais pas encore fiché."

Jean-Yves Coquillat a par ailleurs formellement écarté tout rapprochement avec d'autres meurtres ou disparitions d'enfants de la région. "C'est du fantasme, il n'a rien à voir, il est très peu probable qu'il ait commis d'autres faits.

Edité par Yves Clarisse

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  • manx750 le jeudi 25 juil 2013 à 18:57

    Il va être mis en hôpital psychiatrique mais pas d'inquiétude pour le garnement . Avec la nouvelle loi Hollande-Taubira votée today, les malades dangereux pourront bénéficier d'un régime de liberté et sortir sans problèmes de leur hôpital; afin de respecter "les droits indviduels" (sic) !