Le meurtre d'un policier français attribué à ETA jugé à Paris

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* Six accusés, deux tireurs présumés * La dernière victime attribuée à ETA * Un procès de plus d'un mois par Chine Labbé PARIS, 2 novembre (Reuters) - Six membres présumés d'un commando de l'organisation séparatiste basque espagnole ETA, impliqué dans une fusillade au cours de laquelle un policier a été tué en mars 2010 à Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), sont jugés à partir de ce lundi à Paris. Le brigadier-chef Jean-Serge Nérin, père de quatre enfants, âgé de 52 ans lors du drame, est la dernière victime attribuée à ETA, selon l'association espagnole des victimes du terrorisme. Parmi les accusés figurent une femme et l'ex-chef présumé de l'appareil militaire d'ETA, Mikel Kabikoitz Carrera Sarobe. Le 16 mars 2010, à 18H30 (17H30 GMT), un commando armé de l'organisation séparatiste vole cinq véhicules dans un dépôt-vente de Seine-et-Marne avant de séquestrer le vendeur présent sur les lieux. A peine une demi-heure plus tard, un contrôle de routine auprès de membres du commando occupés à remplir d'essence les réservoirs des voitures dégénère en deux fusillades successives entre forces de l'ordre et activistes. Le chef de patrouille, le brigadier-chef Jean-Serge Nérin, est tué par balles lors de la deuxième salve. A peine un mois plus tard, l'organisation séparatiste basque assume dans un communiqué sa participation aux faits, tout en rejetant la responsabilité sur les policiers, qui ont, assure-t-elle, tiré les premiers. Mais pour l'accusation, "le meurtre du brigadier Jean-Serge Nérin s'inscrivait dans une implacable et systématique volonté d'en découdre avec les forces de l'ordre dès lors que ces dernières effectuaient sur le territoire national leur mission en tentant d'interpeller des activistes". Huit à neuf membres d'ETA sont soupçonnés d'avoir fait partie de ce commando, mais seuls six ont été identifiés. L'un d'entre eux a été arrêté le jour même sur les lieux du crime. Les autres sont parvenu à s'enfuir et seront interpellés en mai 2010, juin 2010, novembre 2013 et juillet 2015. Malgré le caractère inopiné du contrôle de police, l'accusation estime que les membres du commando ont tiré "avec une évidente volonté homicide", dit-on de source judiciaire. PROCÈS PRÉVU JUSQU'AU 11 DÉCEMBRE Seuls deux d'entre eux, Xabier Goyenexea Irragori et Mikel Kabikoitz Carrera Sarobe, sont poursuivis pour le meurtre de Jean-Serge Nérin. Les autres sont poursuivis pour divers crimes, notamment tentative d'homicide sur les autres policiers, vol avec armes en bande organisée, enlèvement et séquestration ou participation à un groupement formé en vue de la préparation de crimes. Selon l'accusation, c'est Mikel Kabikoitz Carrera Sarobe, 43 ans, "qui va déclencher et participer à la seconde série de coup de feu qui aboutira à la mort du brigadier chef". Soupçonné d'avoir été, au moment des faits, le chef de l'appareil militaire d'ETA, il sera également jugé pour "direction" d'une association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme, précise une source judiciaire. Mikel Kabikoitz Carrera Sarobe a déjà été condamné à plusieurs reprises par la cour d'assises de Paris. En avril 2013, il a ainsi été condamné à la réclusion à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans pour le meurtre de deux gardes civils espagnols en 2007 à Capbreton (Landes). Xabier Goyenexea Irragori, 35 ans, également poursuivi pour le meurtre du brigadier Jean-Serge Nérin, n'a été arrêté que début juillet au Pays Basque français. Le procès est prévu jusqu'au 11 décembre prochain. Plus de 800 personnes ont péri dans des attaques et attentats attribués au groupe séparatiste basque espagnol pendant près de quatre décennies. En 2011, ETA a annoncé renoncer à la lutte armée. Puis en juillet 2014, l'organisation a annoncé le démantèlement de sa branche militaire et la mise en place d'un groupe d'experts chargés de neutraliser les armes et explosifs en sa possession. Fin septembre, le ministre espagnol de l'Intérieur a estimé que l'arrestation, en France, de deux de ses hauts dirigeants présumés signait son "arrêt de mort". (Edité par Emmanuel Jarry)

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