Le menu de la conférence sociale pour l'emploi finalisé

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LE MENU DE LA CONFÉRENCE SOCIALE POUR L'EMPLOI FINALISÉ
LE MENU DE LA CONFÉRENCE SOCIALE POUR L'EMPLOI FINALISÉ

PARIS (Reuters) - Les partenaires sociaux réunis mercredi à Matignon ont salué la méthode de concertation du gouvernement avant la conférence sociale pour l'emploi des 20 et 21 juin, sans masquer leurs divergences sur les retraites ou la protection sociale.

Pour ce deuxième rendez-vous du genre du quinquennat, six tables rondes seront organisées lors de ces deux journées de débats ouverts par François Hollande : emploi-formation, filières d'avenir, santé au travail, retraites, services publics et Europe sociale.

Syndicats et patronat "sont attachés à la démocratie sociale et souhaitent que cette méthode (...) s'inscrive dans la durée", a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui avait reçu les partenaires sociaux séparément la semaine dernière.

Les hôtes se sont globalement dits satisfaits sur la forme.

"La méthode est la bonne", a dit le numéro un de la CFDT, Laurent Berger. "On a une conférence sociale qui répond bien à l'ensemble des préoccupations des salariés sur le pouvoir d'achat, sur l'emploi, sur la santé au travail ou sur le système de protection sociale."

Côté entreprises, la présidente du Medef, Laurence Parisot, a salué l'inclusion à l'ouverture de la conférence d'un examen de la situation économique de la France alors que la croissance est nulle et que le chômage poursuit sa hausse.

"Il est essentiel que chacun partage le diagnostic sur l'état économique de notre pays et plus généralement de l'Europe", a-t-elle déclaré.

La responsable patronale a ajouté avoir obtenu que la question du financement de la protection sociale, ressort d'une possible amélioration de la compétitivité des entreprises, soit abordée lors de la conférence.

Le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, a quant a lui expliqué que "la conférence s'oriente essentiellement vers une mobilisation générale pour l'emploi".

DIVERGENCES SUR LES RETRAITES

Jean-Marc Ayrault a annoncé que la conférence porterait le nom de "grande conférence sociale pour l'emploi", sans préciser comment elle aiderait à atteindre l'objectif présidentiel d'un recul du chômage d'ici la fin de l'année, considéré comme irréaliste par de nombreux économistes.

Les syndicats CGT et Force ouvrière, qui se sont distingués en refusant de signer l'accord sur la réforme du marché du travail de janvier, ont prévenu que le climat serait plus tendu que lors de la conférence sociale organisée à l'été 2012, du fait de la dégradation de la conjoncture.

"Le débat sur les retraites sera conflictuel", a dit le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.

François Hollande a dit à plusieurs reprises qu'il faudrait travailler plus longtemps pour préserver le système de retraites français miné par les déficits, ce qui devrait passer par un allongement de la durée de cotisation demandée aux salariés.

Les débats sur la réforme des retraites devraient durer jusqu'à fin septembre, avant la présentation par le gouvernement d'un projet de loi en octobre, selon plusieurs participants.

Jean-Marc Ayrault a refusé de confirmer un futur allongement de la durée de cotisation.

"L'allongement de la durée de la vie peut être accompagnée d'un allongement de la durée de vie au travail mais une fois qu'on a dit cela, la discussion commence, toutes les variantes sont possibles", a-t-il dit.

Le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, a invité les salariés à manifester pour peser sur les débats et obtenir des hausses de salaires.

"Il faut que les salariés puissent faire irruption sur le terrain des luttes sociales", a-t-il dit, sans évoquer de dates pour d'éventuelles futures journées de mobilisation.

La deuxième conférence sociale s'annonce délicate, sur fond de divisions syndicales et de pressions de la Commission européenne, qui a cité les retraites comme exemple de réforme qu'elle souhaite voir la France mener en échange du délai de deux ans concédé pour réduire son déficit public.

François Hollande a réaffirmé l'importance du dialogue social pour mener à bien les futurs grands chantiers : emploi, retraites, formation professionnelle.

Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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