Le médiateur prône une remise à plat du régime des intermittents

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LES INTERMITTENTS EN FRANCE
LES INTERMITTENTS EN FRANCE

PARIS (Reuters) - Jean-Patrick Gille, médiateur du gouvernement dans le conflit des intermittents du spectacle, a estimé mercredi que l'issue de la crise passait par une remise à plat de "l'architecture du système" d'indemnisation chômage du secteur.

Le député socialiste nommé le 7 juin par Manuel Valls doit remettre d'ici le début de la semaine prochaine des propositions au Premier ministre pour apaiser la contestation des intermittents, qui menacent d'annulation les principaux festivals estivaux, comme lors du conflit de 2003.

Les intermittents demandent au gouvernement de ne pas agréer la nouvelle convention d'assurance-chômage issue de l'accord signé le 22 mars entre le patronat et trois syndicats (CFDT, FO et CFTC), qui durcit les conditions d'indemnisation de plusieurs catégories de chômeurs, dont les leurs.

Le gouvernement, qui prône lui aussi une remise à plat du régime, a jusqu'au 30 juin pour agréer la convention et les intermittents multiplient les grèves et les actions pour tenter de l'en dissuader.

Des dizaines de manifestants ont occupé mercredi matin le chantier de la Philharmonie de Paris, situé dans le XIXe arrondissement.

Juchés en haut de la structure métallique qui domine le périphérique, les manifestants ont déployé de grandes banderoles proclamant "Contre la précarité, convergence des luttes" ou "Non à l'agrément".

D'autres actions des intermittents ont eu lieu mercredi à Rennes, Lille, Nice, Quimper et Lyon, selon la Coordination des intermittents et précaires.

Le gouvernement a fait savoir à la coordination des intermittents qu'il envisageait de parapher la convention, mais en l'assortissant de mesures complémentaires.

SCÉNARIO DE SORTIE DE CRISE

"J'essaie de trouver un scénario de sortie qui tourne autour de l'idée de se remettre autour d'une table pour revoir l'architecture du système, parce qu'on voit bien que tous les deux ans il y a une crise", a expliqué mercredi Jean-Patrick Gille sur France Inter.

L'élu, auteur en 2013 d'un rapport sur les conditions d'emploi dans les métiers artistiques, devait revoir mercredi matin l'ensemble des partenaires sociaux.

"Cet après-midi, je verrai la nébuleuse des intermittents en colère, c'est-à-dire la coordination, la CGT et les employeurs, puisqu'ils les soutiennent", a-t-il précisé.

Jean-Patrick Gille, qui a diffusé mardi un tweet acide sur les contradictions gouvernementales dans ce conflit, a reconnu que la voie était "étroite".

Au nombre des pistes de compromis, le médiateur a évoqué la réactivation du fonds d'aide aux plus précaires créé en 2003.

L'amplification du "différé d'indemnisation" dénoncée par les intermittents et la CGT ne pourrait être amendé - s'il devait l'être - que par les partenaires sociaux, a souligné Jean-Patrick Gille. "Mais ils n'ont aucune raison de le faire pour le moment", a-t-il dit.

Dans son tweet, le médiateur met en exergue dans un schéma, avec bombes à retardement à la clé, le jeu de rôles entre les ministres de la Culture, Aurélie Filippetti, et du Travail, François Rebsamen, d'une part, et la CGT d'autre part.

La nouvelle convention Unedic prévoit l'ouverture d'une concertation avec les pouvoirs publics avant fin 2014 sur la lutte contre la précarité dans ce secteur, notamment en favorisant le recours au contrat à durée indéterminée, et sur la liste des emplois concernés.

La ministre de la Culture a proposé d'avancer la concertation au début de l'été pour mettre sur pied une "grande réforme" de l'intermittence que l'accord du 22 mars ne permet pas selon elle.

Les détracteurs du régime des intermittents du spectacle mettent en avant le fait que 100.000 personnes perçoivent plus de 1,3 milliard d'euros pour 240 millions de cotisations.

(Sophie Louet, avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • miez1804 le mercredi 18 juin 2014 à 16:29

    Remise a plat globale, plus d'indemnité de tout!

  • 2445joye le mercredi 18 juin 2014 à 16:05

    Profitons de la circonstance pour voir leur utilité réelle: passons un été sans festivals et voyons quel degré de souffrance cela cause aux Français. Cela permettra d'établir le rapport de forces sur des bases tangibles.

  • nebraska le mercredi 18 juin 2014 à 15:00

    Il faudrait surtout revoir leur mode de "classement" en intermittent. Après tout, pourquoi un simple manutentionnaire en intérim ne pourrait-il pas être classé en intermittent aussi ?

  • boudet le mercredi 18 juin 2014 à 14:44

    40% de chômeurs, il y en a trop. Le faît que leur nombre augmente malgrè le chômage est un signe que la situation ne peut pas durer. Durcir les conditions d'octroît des indemnités ne peut qu'assainir la situation qui empire chaque année.

  • pbenard6 le mercredi 18 juin 2014 à 14:03

    il faut alléger les intermittents

  • pbenard6 le mercredi 18 juin 2014 à 13:54

    3008770 explique-toi : il y a donc bien 255.000 intrmittents et 105.000 qui "touchent" des allocs, soit 13.000 euros en moyenne par an et 1100 par mois...

  • M3008770 le mercredi 18 juin 2014 à 13:41

    Il ny a que 105000 intermittents en France. Pas 255000 : ne pas confondre inscrits et bénéficiaires. Par contre les 250000 cotisent tous.

  • pbenard6 le mercredi 18 juin 2014 à 13:30

    si la soupe n'était pas bonne leur nombre ne serait pas passé de 200.000 à 260.000 en 15 ans

  • M488902 le mercredi 18 juin 2014 à 13:12

    Les détracteurs du régime des intermittents du spectacle mettent en avant le fait que 100.000 personnes perçoivent plus de 1,3 milliard d'euros pour 240 millions de cotisations.Et c'est pas la meilleure raison qui existe ? Car cela s'appelle simplement du vol.

  • M4278104 le mercredi 18 juin 2014 à 13:00

    il faut les aligner sur le régime de banane

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