Le Medef renonce à aligner le régime chômage des intermittents

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LE MEDEF RENONCE À ALIGNER LE RÉGIME D?ASSURANCE CHÔMAGE DES INTERMITTENTS
LE MEDEF RENONCE À ALIGNER LE RÉGIME D?ASSURANCE CHÔMAGE DES INTERMITTENTS

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le Medef a substantiellement modifié son projet d'accord sur l'assurance chômage, présenté jeudi lors d'une ultime séance de négociations, et abandonne notamment l'idée d'un alignement du régime des intermittents du spectacle sur le régime général.

Il ne renonce cependant pas à toute réforme de ce régime spécifique et propose de plafonner le cumul indemnités et revenus d'activité pour les intermittents du spectacle au niveau du plafond de la Sécurité sociale, soit 3.129 euros par mois.

Le patronat propose également de porter le total des cotisations chômage employeurs-intermittents à 12,8% des rémunérations versées au lieu de 10,8% et d'ouvrir "avant la fin de l'année" une concertation avec les pouvoirs publics sur une participation financière de l'Etat.

Le projet remis aux syndicats au début de la séance renvoie à un prochaine négociation l'idée de moduler les cotisations et les prestations selon la conjoncture. Une disposition à laquelle personne ne croyait vraiment et rejetée par les syndicats.

Le patronat renvoie également à la prochaine négociation l'idée d'une concertation avec l'Etat sur une affiliation obligatoire des agents non statutaires et contractuels de la fonction publique au régime d'assurance chômage.

Le texte patronal évolue par ailleurs sensiblement sur la mise en place de droits rechargeables pour les demandeurs d'emploi qui enchaînent contrats de travail courts et périodes de chômage, afin de leur permettre de cumuler les droits acquis.

Dans la nouvelle mouture, "le rechargement (des droits) n'est plus dégressif, puisque la personne conserve le même niveau d'indemnisation jusqu'à épuisement de sa période de droits ouverts", a notamment précisé le négociateur du Medef, Jean-François Pilliard, dans sa présentation du texte.

FO INTÉRESSÉE, LA CGT OPPOSÉE

"La réforme que nous proposons devrait permettre de réduire d'un quart à un tiers le nombre de demandeurs d'emploi touchés par la fin de droits", a-t-il ajouté.

Avant de se retirer, comme les autres organisations, avec sa délégation pour examiner ce projet, le négociateur de Force ouvrière (FO), Stéphane Lardy, s'est montré satisfait.

"Sur les droits rechargeables c'est pas mal, c'est ce qu'on demandait. C'est plutôt intéressant", a-t-il déclaré à Reuters.

Son homologue de la CGT, Eric Aubin, a en revanche estimé que ce texte n'était pas de nature fondamentalement différente de celui présenté le 27 février, lors de la précédente session.

"C'est un recul pour l'ensemble des demandeurs d'emploi. Tous les demandeurs d'emploi verront leur indemnité baisser de 70 à presque plus de 300 euros par mois. On ne peut pas accepter ça", a-t-il dit. "Là, on organise la misère."

Il a également déploré que les droits des intermittents du spectacle soient "revus à la baisse", avant d'aller s'adresser à plusieurs centaines de manifestants rassemblés à proximité du siège du Medef, où se déroulent les négociations.

En fin de journée, environ 200 intermittents ont pénétré à l'intérieur de l'Opéra Garnier, au centre de Paris, et se sont massés sur les balcons.

Les manifestants ont déployé des banderoles, dont une proclamant : "Assurance chômage, contre le patronat, nouveaux droits", tandis que les forces de l'ordre prenaient position autour de l'édifice.

Les huit délégations - Medef, CGPME et UPA côté patronal, CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC côté syndical - se sont donné jusqu'à 21h00 (20h00 GMT) jeudi soir et ont prévu, si elles ne concluent pas dans ce délai, de se retrouver vendredi matin.

"ÇA VA ÊTRE LONG"

"Une conclusion ce soir ? Ça me paraît difficile (...) Ça me paraît compliqué d'arriver à réduire l'écart aujourd'hui", a dit la négociatrice de la CFDT, Véronique Descacq.

La CFE-CGC a annoncé qu'elle ne signerait pas d'accord supprimant le plafond du délai de carence pour le versement des allocations en cas d'indemnités supra-légale - une disposition proposée, avec des calculs différents, par le Medef et la CFDT.

Le chef de la délégation du syndicat de l'encadrement, Franck Mikula, a également estimé qu'une proposition du Medef visant à plafonner l'allocation chômage maximale à 3.592 euros, au lieu de 7.184 aujourd'hui, à partir du 13e mois posait "un problème de principe grave".

Le patronat maintient pour sa part qu'une priorité de la négociation est d'engager l'Unedic, l'organisme gestionnaire de l'assurance chômage, sur la voie d'un redressement financier.

L'Unedic prévoit un déficit de 4,3 milliards d'euros en 2014 après quatre milliards en 2013 et une dette de 22,1 milliards fin 2014 et 37,2 milliards fin 2017 si rien n'est fait.

"Un accord, ce n'est pas un accord a minima", a dit Jean-François Pilliard. "Il est inenvisageable qu'on prenne quelques mesures à la marge qui ne seraient pas à la hauteur des enjeux du chômage et de la situation de l'assurance chômage."

(Avec Lucien Libert, édité par Yves Clarisse)

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  • odnaz le jeudi 20 mar 2014 à 19:53

    C'est la nature humaine : ils sont tous prêts à ramer comme des forçats même à contre-courant pour se faire élire à un poste intéressant, honorifique, et juteux ....... ensuite une fois élus ils rêvent d'une mer calme et turquoise, et la moindre vague qui pourrait faire chavirer l'embarcation les inquiéte.

  • jfvl le jeudi 20 mar 2014 à 19:37

    navrant !

  • mark92 le jeudi 20 mar 2014 à 19:30

    Ben je travail 2h par mois.. J'ai droit aux alloc ?? RSI ?? chomage partiel ?? allocations diverses ?? réductions d'impôts....

  • dlabore le jeudi 20 mar 2014 à 19:25

    toujours pas de cou illes,pour regler les blemes des bra leurs, intermitants cout 12 MILLARDS POUR QQ FAIGNASSES

  • grinchu1 le jeudi 20 mar 2014 à 19:14

    elle est belle notre France...élites de M...

  • M9722583 le jeudi 20 mar 2014 à 19:04

    Le MEDEF est vraiment une bande de poltrons... Ils baissent le pantalon devant le premier obstacle qui se présente... De toute façon, la situation financière de l'UNEDIC va empirer, année aprés année, alors on finira par y venir tôt ou tard.