Le Medef réclame d'urgence un choc de compétitivité

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LAURENCE PARISOT DRESSE UN DIAGNOSTIC NOIR DE L'ÉCONOMIE FRANÇAISE
LAURENCE PARISOT DRESSE UN DIAGNOSTIC NOIR DE L'ÉCONOMIE FRANÇAISE

PARIS (Reuters) - La France a besoin d'urgence d'un choc de compétitivité et ce sur une période courte, au maximum trois ans, pour ne pas devenir l'homme malade de l'Europe, a déclaré la présidente du Medef, Laurence Parisot.

Dans une interview à paraître lundi dans le Figaro et disponible dimanche soir sur le site internet du journal, elle dresse un diagnostic très noir de l'économie française.

"Nous sommes passés d'un avis de tempête à un avis d'ouragan. Certains patrons sont en état de quasi-panique", dit-elle en soulignant qu'aucun secteur d'activité "n'affiche de prévisions autres que pessimistes jusqu'à la fin de l'année."

"Et par ailleurs, nous assistons à une défiance généralisée des investisseurs, résidents comme non-résidents. Lorsque, pour investir, ils ont le choix entre plusieurs pays, les grands investisseurs étrangers excluent maintenant la France d'emblée", assure Laurence Parisot.

Interrogé sur ce qu'elle attend du rapport sur la compétitivité de l'économie que doit remettre au gouvernement début novembre l'ancien président d'EADS Louis Gallois, elle répond que la déception des patrons serait "immense" s'il ne montre pas comment créer un choc de compétitivité.

"Il y a dix ans, l'Allemagne était l'homme malade de l'Europe et si nous ne faisons rien, bientôt ce sera au tour de la France", poursuit-elle.

Pour Laurence Parisot, une baisse de charges des entreprises, salariales et patronales, de 30 milliards d'euros apparaît comme "le minimum pour réduire l'écart avec l'Allemagne". Elle serait financée en augmentant "légèrement la CSG et la TVA hors produits de première nécessité."

"Ce choc doit être court et se produire sur deux ans, trois ans maximum. Le décrochage de la France est trop sérieux, on ne peut étaler cette réforme sur toute la durée du quinquennat", dit-elle encore, avant d'ajouter que l'amélioration de la compétitivité passe aussi par une baisse des dépenses publiques.

Laurence Parisot revient d'autre part sur le mouvement des "pigeons", ces entrepreneurs qui ont obtenu du gouvernement qu'il amende son projet de hausse de la fiscalité sur la cession de parts d'entreprises.

Elle estime que, même modifié, le projet est "inacceptable" sous certains aspects, parlant d'"erreur économique fondamentale et désastreuse".

"Aujourd'hui, un vent de fronde se lève de partout, aussi bien des TPE que du CAC 40. Cela va bien au-delà d'une jacquerie fiscale. Si la coupe est pleine, c'est qu'aucun relais ne valorise l'entrepreneur en France", dit-elle pour ajouter que "nombreux sont ceux qui se posent la question de rester ou de partir."

Yann Le Guernigou

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  • derieuxs le dimanche 14 oct 2012 à 23:20

    Encore les petits qui devront payer pour satisfaire ses riches qui trouve qu'il non jamais assé, le chose qui risque d'arrivé c'est un mai68 bis mais pas avec des pavés....

  • janaliz le dimanche 14 oct 2012 à 22:20

    Les jacques étaient armés de faux et de piques. Lorsqu'il n'y aura plus rien à distribuer, et il n'y en a pas pour très longtemps, je crains que ceux qui vont se soulever n'aient pas que fourches et des piques. Il n'y a qu'à regarder ce qui se passe dans nos "beaux" quartiers. Ce sera sauve qui peut, car ni l'armée ni la police ne suffiront. Mais nos guignols ne voient rien venir.

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