Le Medef propose de former 100.000 apprentis de plus par an

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LE MEDEF VEUT DÉVELOPPER L'APPRENTISSAGE
LE MEDEF VEUT DÉVELOPPER L'APPRENTISSAGE

PARIS (Reuters) - Le Medef a proposé mardi une réforme de l'apprentissage qui permettrait selon lui de former 100.000 jeunes de plus par an en alternance dans les entreprises.

Quelque 580.000 jeunes reçoivent aujourd'hui une telle formation dans les entreprises, soit 3,5% des effectifs salariés en France, contre environ 1,5 million en Allemagne, a rappelé le président de la principale organisation patronale française lors d'une conférence de presse.

"L'alternance aujourd'hui en France n'est ni performante ni convaincante", a déploré Pierre Gattaz.

Le Medef s'engage, dans le cadre d'un "pacte de l'alternance pour la jeunesse", à augmenter ce type de formation de 3% pendant cinq ans, soit 100.000 jeunes de plus d'ici 2018, ce qui porterait leur proportion à 4,15% des effectifs salariés.

Pour ce faire, il propose 11 mesures visant à réformer l'organisation de l'apprentissage et son financement pour la rapprocher des besoins des entreprises. Il suggère ainsi de fusionner la taxe d'apprentissage (0,5% de la masse salariale) et la contribution au développement de l'apprentissage (0,18%).

Le produit de ces deux taxes fusionnées s'élèverait à près de 2,8 milliards d'euros, précise l'organisation, qui propose aussi que l'ouverture de centres de formation des apprentis (CFA) ne soit plus subordonnée à un financement de la région.

"Le Medef propose qu'en cas d'autofinancement complet par les entreprises et les branches professionnelles, la région ne puisse s'opposer à l'ouverture d'un CFA ou d'une section d'apprentissage", lit-on dans un document de présentation.

Selon l'organisation, qui s'appuie sur l'exemple allemand, cette liberté faciliterait la création de CFA interrégionaux.

Parmi d'autres mesures, le Medef propose de renforcer l'information sur les débouchés de la formation en alternance, de donner aux branches professionnelles la possibilité de créer ou de réviser des diplômes et de leur permettre de financer une formation conforme à leurs besoins en compétences.

"Comme en Allemagne, les entreprises et les branches professionnelles doivent être absolument libres de leur politique de formation en alternance, que ce soit sur la conception des diplômes ou l'ouverture des sections", souligne l'organisation dans son document de présentation.

La formation professionnelle est un des dossiers de la fin 2013 avec trois discussions parallèles : une négociation entre partenaires sociaux sur la formation continue, une concertation quadripartite Etat-syndicats-patronat-régions sur l'application du nouveau Compte personnel de formation et une concertation sur le développement de l'apprentissage.

Emmanuel Jarry et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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  • mlemonn4 le mercredi 16 oct 2013 à 11:36

    Mais bien sûr, quelle noblesse ! le problème c'est l'utilisation effective du financement de ces formations car on ne manque pas d'ingéniosité pour détourner l’argent des fonds publics en France afin d’alimenter une fois encore les caisses noires tant usitées dans toutes nos institutions de cette république bananière ; bien sûr, tout ceci sur le dos des français et de la croissance française pour acheter nos corrompus (politiques, élus, syndicats, administration, médias,...).

  • lorant21 le mardi 15 oct 2013 à 14:25

    Les entreprises sont prêtes à payer plus.. pour ne plus avoir à subir les exigences des zélus locaux ou nationaux... pour lesquels l'apprentissage n'est toléré que si il est sous la coupe de la Non-Education Nationale.