Le Medef presse Macron de ne pas "trembler" sur la réforme du travail

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    * Le gouvernement présente sa réforme du Code du travail 
jeudi 
    * Pierre Gattaz ne veut pas de "demi-mesures" 
    * Il demande à Macron une baisse des taxes sur la production 
 
    par Caroline Pailliez 
    JOUY-EN-JOSAS, Yvelines, 29 août (Reuters) - A deux jours de 
la présentation de la réforme du Code du travail, le président 
du Medef a exhorté mardi Emmanuel Macron à éviter les 
"demi-mesures" afin de créer "une dynamique de confiance" en 
France. 
    "Maintenant, on est au pied du mur. On est à 48 heures. 
C'est extrêmement important que la main ne tremble pas", a dit 
Pierre Gattaz à l'ouverture de la 19e édition de l'université 
d'été de l'organisation patronale, qui se tient à Jouy-en-Josas 
(Yvelines) jusqu'à mercredi. 
    "Cette réforme, on a essayé de la faire avec la loi 
Rebsamen, ça n'a pas marché, avec la loi El Khomri, ça n'a pas 
marché. Emmanuel Macron a été élu avec ce programme (...). 
Est-ce qu'on veut créer une dynamique de confiance et la garder 
ou est-ce qu'on veut de nouveau faire des demi-mesures qui 
seront extrêmement décevantes?", a-t-il ajouté.  
    Le gouvernement présentera jeudi les cinq ordonnances visant 
à réformer le Code du travail, après une ultime rencontre avec 
les partenaires sociaux.  
    Au programme: la redéfinition d'une nouvelle articulation 
entre accords de branche et accords d'entreprise, la 
simplification du dialogue social et la modification du régime 
juridique de la rupture du contrat de travail. 
    "Ce n'est pas une réforme pour le Medef", a dit Pierre 
Gattaz devant un parterre de dirigeants d'entreprises. "C'est 
pour la France, pour le pays, pour qu'on reparte vers la 
croissance." 
    Le patron du Medef dit surveiller de près la question du 
dialogue direct en entreprise en l'absence de délégué syndical, 
principal point de friction entre les partenaires sociaux, qui 
n'était pas encore tranché mardi.  
   "C'est un point vraiment important. J'espère qu'il y aura une 
solution. Parce que sinon on aura fait tout cela pour pas 
grand'chose".  
     
    PAS DE RIBAMBELLE D'EXCEPTIONS 
    Il attend également d'être fixé sur le plafond et le 
plancher des indemnités prud'homales que le gouvernement 
souhaite encadrer pour "sécuriser" les relations de travail. Ce 
barème concerne les licenciements abusifs à l'exception des cas 
de harcèlement et de discrimination. 
    "S'ils sont positionnés pour être compatibles avec les 
TPE/PME, ce sera très bien", a-t-il dit. "Mais si vous ajoutez 
toute une ribambelle d'exceptions, (...) vous ruinez le 
principe." 
    Pour que la réforme porte ses fruits, elle doit 
s'accompagner d'une réforme fiscale qui "s'ancre dans la durée", 
a estimé le président du Medef. 
    A ce titre, il salue la volonté d'Emmanuel Macron de baisser 
le taux de l'impôt sur les sociétés (IS) pour le ramener à 25% 
en 2022 et de réformer l'impôt sur la fortune (ISF).  
    Mais il l'exhorte à "s'occuper des taxes de production", 
comme la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), 
la cotisation foncière des entreprises (CFE) ou encore la 
cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), qui ont 
augmenté "sournoisement de 10 à 20%" en quelques années. 
    "Une entreprise a besoin d'avoir des marges restituées et un 
taux d'impôts qui soit idéalement dans la moyenne européenne", 
explique-t-il.  
    Il encourage encore le gouvernement à transformer le crédit 
d'impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de charges, sous 
réserve que cela ne conduise pas à une augmentation du coût du 
travail, ce qui "serait absurde et contre-productif". 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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  • jany7 il y a 6 mois

    ferait mieux et de faire profil bas il vont faire capoter l'affaire

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