Le Medef menace de bouder la négociation sur la fiscalité

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LE MEDEF MENACE DE BOUDER LA NÉGOCIATION SUR LA FISCALITÉ
LE MEDEF MENACE DE BOUDER LA NÉGOCIATION SUR LA FISCALITÉ

PARIS (Reuters) - Le Medef ne prendra pas part aux négociations sur la fiscalité si l'objectif de baisser les prélèvements obligatoires des entreprises n'est pas affiché par le gouvernement, a déclaré mardi le président de l'organisation patronale, Pierre Gattaz.

Le gouvernement doit rendre prochainement ses premières conclusions sur la "remise à plat" de la fiscalité annoncée par surprise par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Des "assises" de la fiscalité des entreprises seront organisées en janvier dans ce cadre.

"Sur ce chantier de la fiscalité, nous attendons les décisions du Premier ministre sur sa concertation et, comme vous le savez, nous nous réservons la possibilité de rentrer dans ces chantiers s'il n'est pas clairement affiché une baisse des prélèvements obligatoires", a dit Pierre Gattaz lors de sa conférence de presse mensuelle.

Après une nette hausse cette année, le gouvernement prévoit de stabiliser le niveau des prélèvements obligatoires à 46,1% du PIB pendant trois ans, puis de les baisser à 45,8% la dernière année du quinquennat de François Hollande.

Interrogé sur les exigences du Medef pour les assises de janvier, Pierre Gattaz a répondu qu'il s'agirait uniquement de la baisse des prélèvements obligatoires.

"Ce n'est pas une négociation ces assises, c'est un projet commun avec le gouvernement pour savoir comment on baisse les prélèvements obligatoires", a-t-il déclaré, considérant qu'une baisse est la clef pour inciter les entreprises à embaucher.

Pour montrer la bonne volonté du patronat, il a à cet égard souligné qu'un accord vient d'être trouvé par les partenaires sociaux sur la formation professionnelle, pourtant jugée "irréformable" par certains.

Les partenaires sociaux doivent se prononcer dans les prochains jours sur la ratification de cet accord, qui vise à mieux former les demandeurs d'emploi et les salariés les moins qualifiés et crée un compte personnel de formation.

Une fois cette négociation bouclée, les partenaires sociaux vont s'atteler à la nouvelle convention d'assurance chômage. Pierre Gattaz a répété que l'objectif devait être d'équilibrer rapidement les comptes, dont le déficit devrait atteindre quelque 4 milliards d'euros cette année et progresser encore l'an prochain.

Marion Douet, édité par Jean-Baptiste Vey

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