Le Medef fait durer le suspense sur la négociation Unedic

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LE MEDEF RETARDE ENCORE SA DÉCISION SUR LA NÉGOCIATION UNEDIC
LE MEDEF RETARDE ENCORE SA DÉCISION SUR LA NÉGOCIATION UNEDIC

PARIS (Reuters) - Le Medef attendra le projet de loi sur le marché du travail tel qu'il sortira de l'Assemblée nationale pour décider de poursuivre ou non les négociations sur l'assurance chômage, a déclaré mardi son président, Pierre Gattaz.

Il y a trois semaines, il avait menacé de se retirer de ces négociations avec les syndicats si le gouvernement ne revenait pas sur les modifications apportées à ce texte, qu'il juge vidé de sa substance et déséquilibré au détriment des entreprises.

Il avait annoncé que le conseil exécutif du Medef prendrait une décision ce lundi 9 mai. Mais cette instance dirigeante a finalement choisi de surseoir, alors que se profile un passage en force en raison de divisions dans la majorité.

"Le conseil exécutif a jugé qu'il était impossible de se positionner de manière claire sur ce projet de loi dans l'état actuel des discussions", a déclaré Pierre Gattaz lors de sa conférence de presse mensuelle.

"Il nous a semblé opportun et sage de ne pas prendre de position définitive à ce stade", a-t-il ajouté. "Nous formulerons notre analyse sur le texte finalisé."

Le gouvernement n'a pas réussi à trouver un compromis avec les "frondeurs" du Parti socialiste, qui refusent de voter un texte très contesté et le privent d'une majorité, ce qui le contraint à recourir à la procédure de l'adoption sans vote prévue par l'article 49.3 de la Constitution.

Le président du Medef s'est abstenu cependant cette fois de fixer une échéance. "Tout est possible aujourd'hui", a-t-il dit. "On attend ce texte de loi. On ne sait pas s'il arrivera demain, après demain, dans dix jours."

Un conseil exécutif exceptionnel pourrait alors être convoqué pour prendre position, a-t-il précisé.

LIGNES ROUGES

En tout état de cause, le contenu du projet de loi travail influera sur les négociations sur une nouvelle convention Unedic, a fait valoir le président du Medef.

"Si les réformes sur le marché du travail ne se font pas (...), cela va renforcer encore l'exigence de réforme sur l'assurance chômage et nous pouvons nous demander si nous serons collectivement capables de porter des réformes ambitieuses et difficiles sur l'assurance chômage."

Il a réitéré les trois lignes rouges du Medef : pas de mandatement syndical obligatoire pour les salariés chargés de négocier des accords avec leur employeur dans les plus petites entreprises, ni d'extension du "compte personnel d'activité" censé rassembler les droits des actifs, ni de dispositions conduisant au renchérissement des contrats de travail courts.

Le gouvernement a déposé un amendement imposant aux partenaires sociaux de prévoir dans les accords sur l'assurance chômage une "modulation" des cotisations patronales selon la nature et la durée des contrats, l'âge du salarié, la taille de l'entreprise et non une surtaxation pure et simple.

"Mon feeling c'est qu'on ne veut pas de modulation non plus", a déclaré Pierre Gattaz. "Je peux vous dire qu'une modulation qui consisterait à augmenter certains contrats (...) nous semble très dangereuse et pas appropriée, à ce stade."

"Laissons les négociateurs faire et surtout que le gouvernement ne nous mette pas d'amendement pour nous imposer de faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Les partenaires sociaux discutent en fait déjà de diverses pistes pour limiter le recours aux contrats de très courte durée, très coûteux pour l'assurance chômage, dans le cadre des négociations Unedic, qui reprennent jeudi matin.

(Emmanuel Jarry)

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