Le Medef appelle à ne pas "dénaturer" la loi Travail

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LE MEDEF REFUSE DE "DÉNATURER" LA RÉFORME DU CODE DU TRAVAIL
LE MEDEF REFUSE DE "DÉNATURER" LA RÉFORME DU CODE DU TRAVAIL

PARIS (Reuters) - Le patronat français a demandé mardi à Manuel Valls de ne pas "dénaturer" le projet de réforme du Code du travail sur lequel le Premier ministre semble prêt à donner partiellement satisfaction aux syndicats réformistes.

"Ne dénaturons pas, ne faisons pas de demi-mesure de cette loi, surtout pas", a déclaré le président du Medef après un entretien avec le Premier ministre à Matignon.

Un retrait de cette loi, notamment réclamé par Force ouvrière et la CGT, "serait dramatique pour le pays", a estimé Pierre Gattaz, insistant sur sa "forte détermination à ne pas édulcorer ce texte qui est attendu par le monde entier."

"Les Français souhaitent des réformes, le manifestent à chaque élection. Il faut bouger dans le sens de recréer de l'emploi. Cette loi est de nature à recréer de l'emploi, notamment en CDI", a ajouté le "patron des patrons".

La CFE-CGC et le Medef ont été tour à tour reçus par le Premier ministre, les ministres du Travail, Myriam El Khomri, et de l'Economie, Emmanuel Macron, qui poursuivent leurs consultations avec les partenaires sociaux, auxquels ils donneront une réponse lundi prochain.

Reçus lundi, les dirigeants des syndicats "réformistes" CFDT et CFTC ont laissé entendre que des "choses pouvaient évoluer" dans le projet de loi.

Le gouvernement veut bien "bouger des curseurs, mais sans modifier l'architecture du texte", dit l'entourage de Manuel Valls.

HOLLANDE TENTE DE RASSURER LES JEUNES

Le sujet faisait l'objet d'une réunion des parlementaires socialistes mardi soir à huis clos, en présence du Premier ministre.

Depuis Venise, où il participait à un sommet franco-italien, François Hollande a déclaré avoir bon espoir d'"éviter les ruptures" en assurant les jeunes que le gouvernement oeuvrait à leur avenir.

Des propos d'apaisement tenus à la veille d'une journée de mobilisation nationale contre ce texte à l'appel de la CGT, FO, de la FSU et de plus d'une vingtaine d'organisations de jeunes, dont les syndicats étudiants et lycéens Unef, Fidl et UNL. Une autre journée d'action est prévue le 31 mars.

Reçue mardi avant le Medef, Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC, a décrit un gouvernement sensible aux "craintes des salariés" sur la question du licenciement économique.

"Aujourd'hui tel que c'est rédigé, il est possible pour un groupe qui est implanté dans différents pays d'organiser une faillite en France", a-t-elle expliqué.

La CFE-CGC est également attachée à la négociation de branche, là où le gouvernement veut privilégier les accords d'entreprises.

"Négocier dans une branche c'est garantir une équité de traitement entre les différents salariés mais aussi entre les entreprises de toutes tailles", a plaidé Carole Couvert, qui a dit attendre avec vigilance les réponses du gouvernement. "Si rien ne bouge, nous allons étudier la manifestation du 31 mars", a-t-elle prévenu.

(Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet)

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