Le match d'après...

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Le match d'après...
Le match d'après...
Quatre jours après une déroute historique, le Brésil va boucler son Mondial lors de la petite finale face aux Pays-Bas. Un ultime rendez-vous pas vraiment motivant pour une équipe qui doit désormais se reconstruire.

Il y a des défaites qui assassinent et d'autres qui réveillent. Trois jours après l'humiliation face à l'Allemagne sur la pelouse de Belo Horizonte, le Brésil va pouvoir déterminer la portée du 7-1 subi lors de cette demi-finale déjà historique. Mais vu l'ambiance à Teresopolis, le centre d'entraînement de la Seleçao, personne ne se fait beaucoup d'illusions sur la capacité de cette équipe à relever la tête face aux Pays-Bas. Seule certitude : Luiz Felipe Scolari va procéder à de nombreux changements et ainsi épargner aux titulaires de mardi une bronca taille XXL dans l'enceinte de Brasilia. Pas ou peu utilisés dans ce Mondial, Maxwell, Ramirez, Willian, Hernanes voire Jo pourraient donc tous débuter la petite finale. Au même titre que Thiago Silva, capitaine suspendu lors de la débâcle face à la Mannschaft.

Depuis trois jours, cette dernière rencontre de la Seleçao dans sa Coupe du Monde n'intéresse de toute façon plus personne. Et seule l'apparition jeudi de Neymar en conférence de presse a redonné un peu de vie à cette équipe brésilienne. « Je veux rejouer, donner de la joie au peuple brésilien et à mes coéquipiers, a lancé la star blessée. Le sourire peut disparaître quelque temps mais il va revenir. » Il ne reviendra en tout cas pas du côté de Brasilia. Car pour le moment, on assiste surtout à un immense règlement de comptes dans le pays du football. Joueurs, sélectionneur et dirigeants sont dans le viseur et on ne compte plus les sorties médiatiques des anciennes gloires. La plus violente est signée Romario : « C'est la Coupe du Monde de la honte. Il faut que les dirigeants du football brésilien aillent en prison. »

Scolari et la Fédération dans le viseur

Aussi extrême soit-il, l'avis de l'ancien avant-centre champion du monde 94 a le mérite de pointer du doigt une Fédération dont l'amateurisme est aujourd'hui criant. On peut évidemment évoquer toutes les erreurs autour de la Seleçao, à commencer par la nomination tardive (novembre 2012) de Scolari, qui n'aura eu finalement que dix-huit mois pour essayer de bâtir une équipe compétitive. Mais également toutes les lacunes structurelles du football brésilien, affaibli par des centres de formation en déliquescence, gangréné par la corruption, fragilisé par les finances de ses clubs ou encore la vétusté de ses infrastructures.

Sans surprise, c'est pourtant bien Luiz Felipe Scolari qui cristallise pour l'instant toutes les ranc½urs. Au point que beaucoup d'observateurs s'étonnent de sa présence sur le banc brésilien samedi soir face aux Pays-Bas... Le sélectionneur de la Seleçao, qui n'a pas envisagé de démissionner après la déroute de mardi, s'est trompé sur toute la ligne depuis un an en figeant son groupe après une Coupe des Confédérations en trompe-l'½il. Il a échoué dans son choix d'hommes, dans sa gestion au quotidien et dans ses décisions tactiques. Que penser de ce conservatisme coupable tout au long du Mondial ? Le héros de 2002 n'a plus aucun crédit et son avenir à la tête de la Seleçao semble impossible. Son successeur, lui, devra faire face à un immense chantier. Pour reconstruire. Mais surtout pour oublier.

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