« Le marché va poursuivre son long retournement baissier » (Cercle des analystes indépendants)

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Pour Eric Galiègue, président du Cercle des analystes indépendants, les doutes initiés cet été sur les marchés sont voués à se poursuivre.
Pour Eric Galiègue, président du Cercle des analystes indépendants, les doutes initiés cet été sur les marchés sont voués à se poursuivre.

Malgré la bonne tenue des marchés boursiers depuis le début de l’automne, Eric Galiègue affiche sa méfiance vis-à-vis de l’évolution à venir des cours de bourse. Faisant suite à sa précédente chronique, l’analyste estime que le mouvement baissier reste d’actualité.

Depuis le déclenchement de la crise dite des subprimes et la chute de Lehmann, les banques centrales ont en quelque sorte pris le contrôle des marchés financiers. Les nouvelles déclarations du Président de la BCE, sur la possibilité d’un renforcement des mesures dites de Quantitative Easing, ont suscité un impressionnant rebond boursier en octobre : la plupart des grands indices boursiers ont repassé au-dessus de leur moyenne mobile un an, et semblent vouloir reprendre leur cheminement haussier, interrompu depuis la mi-août 2015. Peut-on envisager une année haussière de plus dans le cycle actuel ?

Nous ne le pensons pas. Nous croyons  que le marché des actions  va poursuivre son long retournement baissier, et que, tôt au tard, ce sont bien les fondamentaux qui vont reprendre le pouvoir. Le constat est accablant, plus particulièrement de ce côté-ci de l’Atlantique : sans création de monnaie ex nihilo, les cours des actions seraient à des niveaux bien plus bas. La comparaison de l’indice  prospectif des bénéfices avec les cours est très parlante : l’indice des bénéfices des entreprises qui composent l’indice européen est au même niveau qu’il y a plus de 5 ans, alors que les cours de Bourse ont monté de plus de 40 %. Le « carburant » de la hausse des cours n’est pas le bénéfice, mais bien la monnaie créée par les banques centrales.

Evolution sur 15-20 ans des cours de bourse et des bénéfices d'entreprises de l'indice europée
Evolution sur 15-20 ans des cours de bourse et des bénéfices d'entreprises de l'indice européen Stoxx 600.

Les US sont, à ce titre, dans une situation moins tendue, mais finalement comparable depuis 18 mois environ : les bénéfices sont en panne, seule la persistance de taux exceptionnellement bas permet aux cours de Bourse de ne pas baisser

Eolution sur 3 ans des cours de bourse et des bénéfices par actions de l'indice américain S&P 5
Eolution sur 3 ans des cours de bourse et des bénéfices par actions de l'indice américain S&P 500.

Si l’utilisation des moyens non conventionnels par les banques centrales, était totalement justifiée pour éloigner le risque financier systémique et d’une grande dépression économique en 2009, la généralisation de l’utilisation de ces outils depuis 6 ans pose problème. Les banques centrales prennent des risques, que les marchés financiers vont probablement découvrir dans les mois qui viennent : risque de crédibilité et risque d’erreur de politique monétaire.

Risque de crédibilité

USA : Les dernières analyses approfondies des minutes et des communiqués de la Fed semble montrer que sa lecture de la conjoncture économique est influencée par les marchés financiers.

Si tel est le cas, le risque de crédibilité de la Fed est grand. Il pourrait causer une crise de confiance vis-à-vis des banques centrales en général, et catalyser une forte hausse de l’aversion au risque au sein les marchés financiers.

Zone euro : Le volontarisme de de la BCE et de M. Draghi l’oblige quasiment à annoncer un QE  pour le début 2016, alors que les conditions techniques de sa mise en œuvre  semblent compliquées. Par ailleurs, la nécessité économique d’un QE2 est loin d’être démontrée. M. Draghi prend le risque de « griller ses cartouches » au mauvais moment, et de ne plus en avoir lorsque l’urgence de la crise sera à nouveau là.

Le risque d’une erreur de diagnostic de la Fed est réel

La Fed, influencée par les marchés, pourrait surestimer la croissance, et décider d’augmenter les taux alors que la sphère réelle demeure fragile. L’annonce d’une hausse des taux en décembre, et le lancement d’opérations de reprise de liquidité (reverse repo), serait selon nous une très mauvaise nouvelle. Elle induirait des anticipations de hausses futures de taux, pousserait le dollar à la hausse (alors qu’on peut le juger correctement évalué), et renforcerait le risque récessif. Plutôt que de diffuser la croissance au reste du monde, la hausse du dollar aurait pour effet essentiel d’étouffer la croissance des USA. De plus, elle aggraverait la situation déjà difficile des pays émergents, via l’alourdissement de la charge de la dette exprimée en dollar, et augmenterait le risque d’une crise financière majeure d’un pays comme le Brésil.

Pour ces différentes raisons, et aussi parce que la croissance mondiale ralentit (malgré des politiques monétaires très accommodantes), nous demeurons très prudents sur les allocations et sous-pondérons fortement les actions en cette fin d’année.

Eric Galiègue

Le Cercle des analystes indépendants est une association constituée entre une douzaine de bureaux indépendants à l'initiative de Valquant, la société d’analyse financière présidée par Eric Galiègue, pour promouvoir l'analyse indépendante.

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  • bearnhar le mardi 17 nov 2015 à 13:07

    Comprendre : vendez bradez nous on rachete resultat cac + 2,30. Positif c est baissier chez eux...

  • mcarre1 le mercredi 11 nov 2015 à 12:04

    Ce retournement de la courbe, c'est une prédiction hollandienne?

  • denios42 le dimanche 8 nov 2015 à 12:25

    Ce que ce monsieur n'a visiblement pas compris, c'est que nous sommes dans une situation exceptionnelle et inédite de taux bas voir négatifs (Quasiment tous les taux courts termes, EONIA, EURIBOR, la plupart des obligations d'Etat européens à moins de 4 ans). Toutes les autres classes d'actifs ont un rendement à la cave (Obligations, immobilier, or, monétaire...). Seules les actions permettent d'avoir un rendement et sont donc attractives quelque soit la situation économique.

  • turtloo le vendredi 6 nov 2015 à 10:39

    en attendant c'est un des rares à être réaliste, parce que les autres recherchent des justifications macro ou micro complètement bidons

  • jea.rose le jeudi 5 nov 2015 à 17:48

    La dernière fois qu'il a dit ça le CAC était à 4400 .Un disciple de Delamarche ...

  • M4358281 le jeudi 5 nov 2015 à 15:01

    Certes ..il a plus de chances d'avoir raison que tort ..mais de toute façon on collecte le nom des pour ou contre..on saura à qui faire confiance pour nos fonds dans le Futur ..!

  • parthe le jeudi 5 nov 2015 à 12:25

    Toujours de bonnes analyses M. Galiègue. Mais concernant le timing, il ne se passera rien à mon avis avant les prochaines réunions des BC en décembre.

  • turtloo le jeudi 5 nov 2015 à 12:18

    enfin là , on assiste à une accélération haussière sur les Marchés Américains, et comme les US représentent le marché directeur, la hausse va se poursuivre, tant que les tx ne montent pas ; et ça peut durer encore très longtemps.Yellen trade le S&P et Draghi l'eurodoll et L'Italie achète de l'Apple ... alors pourquoi ça baisserait ?? En fait on a 4 gros Hedge Fund : FED, BCE , BOJ et BPOCallez ! circulez , il n'y a rien à voir !

  • DEBETAM le jeudi 5 nov 2015 à 12:14

    hahahaha comme quoi personne ne sait rien et tout le monde veut être intéressant :))))

  • dcabon le jeudi 5 nov 2015 à 12:08

    Vive l'agence de notation des avis de journalistes "indépendants" !!! Ce qu'il y a de bien avec Bourso, c'est qu'ils ne sont pas sectaires et publie aussi bien les avis de hausses enthousiaste que les prédications de krach ... le même jour bien entendu ! :-))