Le marché immobilier se ressaisit sauf à Paris

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Le nombre de transactions a augmenté de 6,6 % en France au premier semestre selon Century 21. La baisse des prix et des taux de crédits très bas ont permis à certains ménages de devenir propriétaires.

Le marché immobilier s'est ressaisi au premier semestre. La légère baisse des prix de la pierre et surtout les taux des crédits immobiliers extrêmement bas ont permis à de nombreux ménages de devenir propriétaires de leur logement, selon Century 21. Le nombre de transactions dans l'ancien a ainsi augmenté de 6,6 % entre janvier et juin, après une chute de 25 % en 2012, constate le réseau de 900 agences immobilière. Les prix qui avaient déjà reculé de 1,9 % en 2012, ont cette fois baissé de 2,6 % au premier semestre (à 2555 euros le m2 tous biens confondus). Les employés et les ouvriers ont été parmi les principaux bénéficiaires de cette bouffée d'oxygène. Ils ont représenté 41,4 % des acquéreurs en France. «Les taux bas bénéficient aux classes sociales les plus défavorisées», note Laurent Vimont, président de Century 21.

Évolutions contrastées selon les régions

En revanche, le marché immobilier parisien, dont les prix ont tout de même bondi de 180 % en dix ans (à comparer à une hausse de 100 % ailleurs en France) est resté déprimé. Malgré un recul des prix plus prononcé qu'à l'échelle nationale (-3,2 % sur 12 mois), les transactions y ont diminué de 5,2 % au premier semestre, sur un an. Dans la capitale, le prix moyen au m2 est tombé à 8206 euros, un niveau constaté en 2011, note Century 21. Grâce à cette décrue, de nombreux cadres moyens ont pu devenir propriétaires (31,5 % des acquéreurs). «C'est le grand retour des cadres moyen dont la proportion avait diminué en 2012 dans les achats de biens immobiliers», note l'étude. En revanche, le nombre d'acquéreurs de plus de 50 ans a sensiblement fondu. «Ce sont pour la majorité d'entre eux des propriétaires qui refusent d'ajuster leurs prétentions financières initiales», explique l'étude. Comme ils ne vendent pas leur bien, ils ne peuvent pas en acheter d'autre. La baisse des prix et des taux d'intérêt ont permis aux acquéreurs parisiens d'acheter plus grand: le montant moyen des transactions a atteint le niveau record de 402.016 euros pour un logement de 49,8 m2 en moyenne, soit 2,4 m2 gagnés en 12 mois.

Au cours des six premiers mois de l'année, le prix moyen au m2 a aussi reculé en Ile-de-France (-2,2 %) et dans treize autres régions dont l'Alsace, la Basse-Normandie (qui accuse la plus forte baisse, -8,8 %), la Bretagne ou le Nord. En revanche, dans les régions où les prix avaient baissé l'an dernier, le prix moyen au m2 est reparti à la hausse. C'est le cas en Aquitaine (+5,3 %), en Bourgogne (+5,2 %), dans le Limousin (+6 %) et en Poitou-Charentes (+2,9 %).

Reprise fragile, liée à l'évolution des taux des crédits

La reprise du marché immobilier reste cependant fragile. «Le marché tient grâce aux taux bas: mon pronostic pour l'année 2013 est une baisse des prix de 1 % à 3 %, et des volumes identiques à ceux de 2012, c'est à dire 650.000 transactions dans l'ancien. Mais en cas de remontée des taux, on aurait un blocage du volume des ventes, suivi par une baisse des prix», commente Laurent Vimont. Ces dernières semaines, le taux de l'OAT à 10 ans, sur lesquels les crédits immobiliers sont indexés passé de 1,66 % (début mai) à 2,45 %.

Dernière évolution notable, que Century 21 qualifie d' «alarmante lame de fond» le nombre des acquisitions réalisées à titre de placement continue de chuter, de 6,1 % sur les douze derniers mois (après -5,2 % l'an dernier), pour retrouver ses niveaux de 2010. Ainsi un peu plus de sept acquisitions sur dix (70,6 %) au premier semestre, ont concerné une résidence principale, tandis que les achats de résidences secondaires représentaient moins d'une transaction sur dix (6,9 %) et les placements, moins de deux sur dix (16,7 %).

Cette «perte de confiance des investisseurs, tétanisés par les déclarations et projets du gouvernement» selon Century 21, se traduira par une diminution du nombre de locations mises sur le marché, contribuant à «aggraver le déséquilibre entre l'offre et la demande locatives», estime le réseau. «Les mesures prises par (la ministre du Logement) Cécile Duflot pour protéger les locataires - encadrement des loyers, réquisitions et futur projet de loi sur le logement - pourraient bien in fine se retourner contre ces derniers», prédit Century 21.

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  • julemai le mardi 2 juil 2013 à 03:55

    La verite c'est que les transactions ne se font plus ou peu. Le marche demeure "liquide" sur le segment des biens de moins ed 200 000 euros. Au dela, le marche est en berne.L'immobilier est maintenant un club reserves aux seuls proprietaires ... qui ne peuvent plus compter sur les primo accedants ... et donc que sur eux meme pour changer d'habitationJe crois que la formule pourtant peu connue de l'echange definitif de biens a de l'avenir devant elle.

  • Theoltd le lundi 1 juil 2013 à 19:57

    l'effet chypre a permis de remonter les chiffres in fine. A croire que c etait fait exprès!

  • fortunos le lundi 1 juil 2013 à 17:38

    Century 21 a raison ,cette loi Duflot pour limiter l augmentation des loyers n est pas bonne,surtout pour leurs agents immobiliers dont les coms et honoraires sont proportionnelles au montant des loyers.

  • andre40 le lundi 1 juil 2013 à 17:36

    ne pas confondre les stats de ce réseau d'agence avec celles des notaires, les seules qui recensent l'ensemble des transactions réalisées

  • ETIHAD le lundi 1 juil 2013 à 16:51

    Paris capitale de la mode, du luxe qui abritent les plus beaux bâtiments et monuments de la planète, régulièrement couronnée, pourquoi voudriez-vous que ça baisse ? même si Cécile Duflot du fond de son puit en rêve, jamais, impossible, le monde aiment Paris, et c'est la seule raison qui font monter le m2 parisien.

  • gnapi le lundi 1 juil 2013 à 15:54

    Je croyais que : Paris manque de foncier, beaucoup plus de demande que d'offre et rattrapge des prix à venir par rapport à Londres ... sans parler que ça pouvait peut être éventuellement baisser en France mais surement pas à Paris.Bizarre. On dirait que cela a baissé depuis au moins 12 mois ... bizarre bizarre.