Le marché immobilier londonien dopé par la victoire de Cameron

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Après des mois d’attentisme dû à la crainte d’une «mansion tax» prévue par le Labour, les offres ont repris de plus belle depuis le verdict des urnes jeudi.

De notre correspondant à Londres

Les premiers appels sont arrivés jeudi vers minuit, alors qu’un sondage sortie des urnes donnait la victoire des conservateurs, avant même le dépouillement dans les bureaux de vote. «Vendredi matin à 10 heures, j’avais reçu plus de 50 demandes d’information par téléphone ou par email, la moitié d’acquéreurs britanniques, la moitié d’étrangers, surtout du Moyen-Orient et d’Asie», raconte Becky Fatemi, directrice générale de l’agence londonienne Rokstone, citée par le Guardian. Selon le Times, 100 millions de livres (137 millions d’euros) d’offres auraient été reçues en trois jours pour des biens situés à Londres et dans les comtés environnants.

La maintien de David Cameron à Downing Street a relancé le marché immobilier londonien, tétanisé depuis six mois par la crainte d’une «mansion tax», un impôt sur les propriété de plus de 2 millions de livres (2,75 millions d’euros), prévu dans le programme des travaillistes. Les conservateurs ont également une politique fiscale nettement plus favorable aux hauts revenus - dont les impôts n’augmenteront pas - et pour les fortunes étrangères.

20% de hausse dans l’année

Les actions des grands réseaux immobiliers se sont envolées vendredi à la Bourse de Londres, comme Foxtons qui a pris 12,5%. Les agences de luxe comme Sotheby’s ou Christie’s ont été submergées d’appels de clients internationaux de nouveau intéressés par le marché londonien. L’attentisme avait fait chuter les transactions de 33% et les prix de 5% dans les six mois précédant les élections.

«Le résultat des élections va restaurer la confiance et entraîner une flambée des prix dans les cinq prochaines années. À court terme, nous prévoyons jusqu’à 20% de hausse des prix pour les biens supérieurs à 2 millions de livres en un an. Sur cinq ans, les prix dans le haut de gamme à Londres pourraient doubler», estime Ed Mead, directeur de l’agence Douglas and Gordon.

D’autres tempèrent cet optimisme. «La hausse des prix risque d’être moins élevée que certains le pensent, parce que l’accroissement de l’offre mise sur le marché risque d’excéder la demande immédiate», met en garde Tom Bill, chez Knight Frank. L’agence prévoit une stabilité des prix à Londres sur le reste de l’année.

Dans son programme, David Cameron s’est par ailleurs engagé à encourager l’accès à la propriété. Comme l’avait fait Margaret Thatcher, il propose aux locataires de logements sociaux de les acquérir avec un rabais de 35%. Cela pourrait profiter à 1,3 million de ménages. La mesure est très critiquée par les professionnels de l’immobilier et de l’habitat social car elle risque de déstabiliser le marché et de diminuer encore le stock de logements accessibles dans un contexte d’offre largement insuffisante à la demande.

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