Le marché français du parfum pénalisé en 2015 par les attentats

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par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Le marché français des parfums et cosmétiques vendus dans les circuits sélectifs a reculé en 2015, plombé par une forte baisse en novembre et décembre, après les attentats de Paris.

Les ventes de parfums, de maquillage et de produits de soin réalisées dans les chaînes de parfumeries et les grands magasins ont reculé de 1% l'an dernier en France, totalisant 2,9 milliards d'euros, selon les chiffres de l'institut NPD.

La baisse a été encore plus marquée en volume (-3%), tandis que les prix ont limité leur progression à 1,8%, après une hausse moyenne de 3,7% en 2014.

Elle s'explique principalement par le recul des ventes de parfums, qui comptent pour les deux tiers du marché et qui ont perdu 2% l'an dernier.

"L'année a été très mouvementée. Les mois de janvier, novembre et décembre ont compté pour les deux tiers des pertes du marché", a déclaré à Reuters Mathilde Lion, experte beauté chez NPD.

Le mois de décembre, crucial pour le secteur qui réalise près du quart de son chiffre d'affaires pendant les fêtes de fin d'année, a été négatif de 2%.

Les chiffres de NPD ne prennent cependant pas en compte les marques propres des enseignes ainsi que les ventes sur internet, "qui ont certainement profité de reports d'achats en fin d'année", précise Mathilde Lion.

Les grandes enseignes, Sephora (groupe LVMH) Nocibé-Douglas et Marionnaud, ont fait d'importantes promotions visant à faire revenir les clients dans les magasins, ce qui a freiné les hausses de prix.

Avec une progression limitée à 1,9%, le prix moyen du parfum est ressorti à 59,40 euros l'an dernier.

Le podium des jus féminins les plus vendus en France est resté le même. La Vie est Belle de Lancôme (L'Oréal), devenu le premier parfum vendu en France en 2014, reste en tête devant J'Adore de Dior et La Petite Robe Noire de Guerlain (groupe LVMH).

Pour les masculins, la palme revient à Bleu de Chanel, qui prend la première place du classement à la place d'Invictus de Paco Rabanne (groupe Puig) relégué à la troisième place, tandis que Terre d'Hermès conserve son rang de numéro deux.

La progression reste forte cependant, en volume comme en valeur, pour les parfums haut de gamme à plus forte concentration, qui ne représentent toutefois qu'une très faible part du marché, estimée entre 2% et 5%.

Le succès remporté depuis plusieurs années par ces flacons vendus à plus de 150 euros la bouteille ne se dément pas, porté par des "collections privées" des grandes marques comme Dior, Guerlain, Chanel ou Armani (L'Oréal), perçues comme différenciantes.

Le maquillage progresse légèrement (+0,4%) grâce une très forte hausse des rouges à lèvres (+13%) et une bonne performance des poudres (+3%), tandis que les vernis à ongles, en recul depuis trois ans, ont poursuivi leur baisse (-8%).

Les produits de soins se sont aussi distingués (+1%) grâce à un "retour aux grands basiques" des anti-âge et des sérums, ainsi qu'aux produits dédiés à l'éclat de la peau comme les masques ou les brosses nettoyantes, en pleine explosion (+31%).

"La belle peau, le rayonnement, l'éclat, constituent une tendance lourde du marché de la beauté aujourd'hui", relève Mathilde Lion.

(Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)

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